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Full text of "Notice bibliographique des différentes éditions du Théâtre d'agriculture d'Olivier de Serres, lu à la classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut de France, le 23 mai 1806"

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


DES DIFFÉRENTES ÉDITIONS 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE 


D’OLIVIER DE SERRES, 

Lue à la Classe d’Histoire et de Littérature ancienne de l’Institut de France, 
le 2.3 Mai 1806, 

Par J. B. HUZARD. 



A PARIS, 

°E L’IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD, 

RUE DE L’ÉPERON-SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, N°. 7. 


Extrait du tome II de la nouvelle édition du Théâtre d’Agriculture, 
publiée par la Société d’Agriculture du département de la Seine. 



NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 

DES DIFFÉRENTES ÉDITIONS 

DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE 

D’OLIVIER DE SERRES. 


Immédiatement après que le Ministre de l’intérieur ( Benezech ) eut adressé 
aux membres de son Conseil d’Agriculture, la lettre par laquelle il les invitoit à s’oc¬ 
cuper d’une nouvelle édition du Théâtre cL* Agriculture d'Olivier de Serres (1), il 
écrivit une circulaire à tous les conservateurs des bibliothèques et dépôts littéraires 
de Paris et des Départemens, pour les engager à lui adresser la notice des diffé¬ 
rentes éditions de cet ouvrage, qui pourroient se trouver dans leurs collections. 

M. François (de Neuf château ), qui remplaça Benezech au ministère, et qui 
a mis à l’exécution de cette nouvelle édition de l’ouvrage d’ Olivier de Serres, 
tout le zèle qu’on avoit droit d’attendre d’un véritable ami de l’Agriculture, renou¬ 
vela cette circulaire en l’an VIII , en envoyant le prospectus rédigé par M. Cels , 
et le précis bibliographique que j’avois mis à la suite. Je dois à la vérité de dire que 
ces circulaires ne produisirent aucuns renseignemens des nombreux dépôts qui 
existoient alors dans les différens Départemens ; mais aussi je dois des remercîmens 
à MM. Capperonnier et van Praet, de la Bibliothèque impériale ; Ventehat, de 
celle du Panthéon ; Mordant de Launay , de celle du Muséum d’histoire natu¬ 
relle , et van Tholl, du Dépôt littéraire des Jésuites, pour ceux qu’ils ont bien voulu 
me communiquer j c’est avec plaisir que j’acquitte aujourd’hui cette dette de la 
reconnoissance. 

Quelques autres personnes entre les mains desquelles le prospectus étoit par¬ 
venu, m’ont aussi adressé plusieurs observations qui trouveront leur place dans cette 
notice. Je n’oublierai pas ici mon savant et malheureux ami Lhéritier 3 et sur-tout 


(1) Voyez cette lettre, tome I de cette nouvelle édition, page Ixiij, N°. III. 



NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 


4 

M. le chevalier 4 Banks , dont la bibliothèque est si généreusement ouverte à tous 
ceux qui veulent y puiser des connoissances, et dans laquelle j’ai eu occasion 
d’examiner, pendant mon séjour à Londres, la traduction angloise des échan¬ 
tillons du Théâtre d*Agriculture. 

Je suis loin de croire que, dans cette notice, j^n’aie rien laissé à désirer \ il auroit 
fallu, sans doute, pour la completter, faire des recherches plus multipliées que 
celles auxquelles mes occupations m’ont permis de me livrer ; je ne la présente 
donc que comme une suite de matériaux qui pourront trouver un meilleur architecte, 
et être employés plus utilement par d’autres. Plusieurs savans avoient annoncé 
le projet de publier une nouvelle édition du Théâtre d Agriculture } quelques-uns 
assuroient même avoir réuni toutes les éditions de cet ouvrage ; mais n’ayant rien 
fait paroître à ce sujet, je n’ai pu profiter de leurs recherches, qui, sans doute, ne 
seront pas perdues pour la bibliographie. 

A l’exemple de Haller } et pour éviter les répétitions , j’ai cru devoir marquer 
d’un astérique'* les éditions que j’ai citées, et qui sont dans ma bibliothèque. 
J’ai commencé par les deux opuscules relatifs aux mûriers et aux vers-à-soie, 
qu 'Olivier de Serres a cru devoir détacher de son grand ouvrage, et qu’il en 
appelle modestement lui-même des échantillons. 


I. 

i°. La Cyeillete de la Soye } 
par la nourriture des Vers qui la font. 
Echantillon du Theatre d } Agricul¬ 
ture d’olivier de serres , seignevr 
dv Pradel. A Parischez Iamet 
Mettayer , Imprimeur ordinaire du 
Roy. m. D. xcijc. Auec Priuilege de 
sa Majesté. * 

Petit in-8°. de 6 feuillets non chiffrés pour 
le titre et l’épitre dédicatoire , un feuillet blanc, 
117 pages de texte , une page non chiffrée pour 
l’extrait du privilège du roi , et un feuillet éga¬ 
lement non chiffré , au recto duquel on lit : 
Acheué d’imprimer par Iamet Mettayer , 
Imprimeur et Libraire ordinaire du Roy, le 
dix-huictiesme iourde Feurier. M. D. X.CIX. 
Au verso de ce feuillet" il y a un grand vase de 
fleurs qui forme une pyramide renversée. 

Les six feuillets non chiffrés , le feuillet 
tjlanc , et le premier feuillet du texte, forment 


la feuille ou la signature A ; la signature B 
commence à la page 3 . 

La vignette du titre , gravée en bois , est un 
écusson entouré d’un cartouche , au milieu du¬ 
quel il y a une fleur de lis , surmontée de la cou¬ 
ronne royale, on lit autour : omni prœstantior 
arte. Il y a des figures aux quatre coins du 
cartouche, et au bas un autre très-petit écusson 
contient le chiffre de Iamet Mettayer. 

Le privilège du roi , dont on n’a imprimé 
que l’extrait, est celui obtenu pour le Théâtre 
d’Agriculture ; « donné à Paris, le huictiesme 
jour de Ianuier: l’an de grâce, mil cinq cens 
quatre vingt dix-neuf : et de son régné , le 
dixiesme. » Il est pour dix ans et au nom du 
sieur du Pradel seulement ; on n’y lit P 01ût 
celui d’ Olivier de Serres. 

Cet opuscule , qui avoit été demandé par le 
roi à l’auteur (1), forme le chapitre XV du cin¬ 
quième Lieu du Théâtre d’Agriculture ; en le 


(1) Voyez tome II, de la nouvelle édition ,pag e 110 > 
colonne I. 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


5 


reportant dans son ouvrage, Olivier de Serres 
y fit quelques changemens et quelques suppres¬ 
sions que j’ai eu soin de rétablir dans notre 
édition, lorsqu’elles m’ont paru en valoir la 
peine 5 dans les éditions postérieures , il a fait 
quelques additions qu’on trouvera dans celle-ci. 
Les principaux changemens se rapportent aux 
pages 2, i 5 , 4° et 96. 

L’épitre dédicatoire m’a paru devoir être 
conservée, autant pour l’exactitude historique, 
que par les observations qu’elle contient ; la 
voici copiée textuellement. 

« A Nobles et vertvevx Messieurs les Pre- 
uost des Marchans , Escheuins, Conseillers , et 
autres Officiers de l’Hostel de ville de Paris, 
capitale de ce fleurissant Roiaume. 

>3 Messievrs , aiant ces jours passez mis sous 
la presse, une generale Agriculture, en laquelle 
est représenté l’Art d’emploier et cultiuer la 
Terre selon ses diuerses qualitez et climats : j’ay 
estimé estre à propos d’en extraire ceste partie 
demesnage, qui traitte de la nourriture desVers- 
à-soye, et de la vous présenter : A ce que vos 
peuples incitez par telle adresse à s’adonner à tant 
noble et profitable exercice , puissent joindre 
à vostre ville le dernier de ses ornemens, qui 
est l’abondance de soye. Telle seule commodité 
lui defaillant, laquelle neantmoins luy est d’au¬ 
tant plus requise , que plus de soye s’y des¬ 
pend , qu’en aucune autre ville de France, 
bien-que achetée à grand prix et estimee comme 
drogue de Leuant et marchandise estrangere. 
Ce sont voirement des nouuelletez, non toutes- 
fois prejudiciables , mais descouurans le preiu- 
dice ; lequel s’augmentera d’autant plus , que 
l’on retardera à mettre la main à l’ceuure. Il 
n’est question pour se résoudre sur ceste ma¬ 
tière, d’en venir à la preuue , puis que vos peres 
l’ont faite pour vous, en vous plantans des vignes: 
lesquelles vous asseurent , que vostre terre 
et vostre aer , sont propres à receuoir les Meu- 
riers-blancs, et nourrir les Vers-à-soye : estans 
ces choses tant amies par-ensemble , que là où 
l’vne est, l’autre y peut estre. Iusques ici l’on 
a jugé vostre pays, comme par contumace , in¬ 
suffisant à produire la soye, sans vouloir en¬ 
tendre les causes de ce defaut. Tant scrupuleux 
n’ont esté les anciens habitans du païs de Seres 


en Indie (qui ont donné leur nom à la soye ) 
lesquels bien-qu’esloignez de quarante six à 
cinquante degrez del’Jsle deTaprobane, estans 
souz l’Equinoctial, de là ont neantmoins porté 
chez eux , la semence des Vers-à-soye , qui en 
aprez s’y est naturalisée, et aussi celle des Meu- 
riers , pour la nourriture de ce bestail. Ceux de 
Naples ont fait de mesmes de la Grece, où de 
Serinda ville d’Indie, telles commoditez estoient 
paruenues. Et en suite, comme par degrez, 
ont communiqué ces thresors , à la Prouence , 
Dauphiné , Languedoc , et à leur voisinage, 
n’aians peu les Alpes empêcher de s’estre enra¬ 
cinez en tels quartiers, quoy qu’ainsi esloignez 
de leur première origine, passanstous les jours 
plus auant et gaignans terre auec heureux suc- 
cez. Et qui doutera que n’ayans à s’auancer en- 
cores que trois degrez pour atteindre jusques à 
vous , n’y treuuent agréable repaire? TouOCe 
qu’on peut dire au contraire , est, que la 
cuillete de la soye en sera tardiue ; à cause de 
la disposition de vostre Ciel, qui est vn peu 
plus froid que celuy du Languedoc.. Quoy pour 
cela , pourueu qu’ayez de bonne soye et beau¬ 
coup? Vous ne laissez pas d’auoir abondance 
de bleds et de vins, encores que vos moissons 
et vendanges ne soient tant avancées qu’en Lan¬ 
guedoc. Voilà tout l’interest. Caton , oracle 
de son temps , disoit estre vergongne au mesna- 
ger , d’acheter ce que sa terre pouuoit produire. 
A qui telle reprimende mieux appropriée, qu’à 
ceux qui vont mendier la soye des voisins, des¬ 
quels mesmes ils sont taxez de négligence? C’est 
à dire , aux habitans de presque toutes les pro- 
uinces de la France. Car, peu de lieux exceptez } 
par tout ce grand Roiaume la soye peut croistre: 
par ce qu’estant iceluy posé sous l’vne des Zones 
temperees , est par conséquent tout temperé ; 
et n’y a autre cause qui empêche l’accroist de la 
vigne en diuers endroits , que la hauteur des 
montaignes , dont la froidure extreme contra¬ 
rie à telle plante. Ainsi n’est pas entièrement 
de la Normandie, Bretaigne, Picardie, qui sont 
aussi bien sans hautes montaignes que sans vin , 
où il y a apparence la soye s’y pouuoir cueil¬ 
lir , attendu l’abondance de bons fruicts qui y 
croissent, dont les arbres , qui les produisent, 
ne sont moins délicats que les Meuriers don- 



6 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 


nanslasoye par leur fueillage. Laquelle chose 
auec peu de temps et de peine l’homme d’en¬ 
tendement pourra essaier. Quant a la Brie , 
Champaigne , Bourgogne, Niuernois , Beau- 
jeolois, Masconois j Lyonois , Limosin, Ber¬ 
ry , Poitou , Xaintonge , Guienne , Gascogne, 
mesmes Orléans , Chartres , Tholoze , Bour- 
deaux, la Rochelle , quelles excuses peuuent 
avoir ces provinces-là de ne s’emploier à tant 
fructueuse culture? aiment-elles mieux donner 
leur argent aux Estrangers qüe d’en receuoir 
d’eux? Les Piedmontois se sont domestiquez 
le Ris , à leur commodité et de plusieurs de 
leurs voisins, ayans tiré des Indes la semence de 
tel blé. Les poules - d’Inde ont prins terre en 
ce Roiaume despuispeu de temps, et lors qu’on 
estimoit la chose impossible , pour la délica¬ 
tesse de la racé. Ceste exquise herbe de Nico- 
tiane s’accroist facilement par tous les coins de 
la France , bien qu’elle soit venue de Portugal, 
et là de P Amérique. Plusieurs autres animaux 
et plantes estrangeres consentent de viure par- 
my nous , avec soin requis. Ces exemples affer¬ 
miront vos Meuriers , pour en tirer vtile conten¬ 
tement , mesme de ceux plantez és terres les 
moinà fertiles, pour leur legereté laissées en 
frische, rapportans la riche toison de soye , 
par le moien des Vers qui sainement s’en nour¬ 
riront. Et seront aussi vos belles maisons des 
champs decorees auec beaucoup de representa- 
tion, y paroissans les plaisans boccages de Meu¬ 
riers ; lesquels outre leurs principaux reuenus, 
rapporteront du bois de chaufage, dont le ser- 
uice en sera d’autant plus prisé, que plus on louë 
ce qui vient à moindre despence. Les expériences 
que i’ay fait en ce mesnage chez moy, despuis 
trente-cinq ans, et la soye que je cueil par cha¬ 
cun an, me donnent matière de vous dire libre¬ 
ment mon avis sur ce sujet. Que s’il vous plaist 
vous en servir , treuuerez en mes discours de- 
quoi vous satisfaire : pour l’assemblage de la 
matière, plus grand et auec plus d’obseruations 
que jusques ici ait esté escrit, tant ay-ie esté 
curieux de faire participant de mes labeurs les 
vertueuses personnes. l’estimerai ce temps bien 
emploié : et le voyage que ie suis venu faire à 
la Cour , heureux , de m’auoir causé ce conten¬ 
tement, de vous pouuoir estre vtile} à ce que 


de mon Languedoc, sortant chose remarquable 
les habitans de ceste magnifique ville puissent 
dans peu de temps voir leurs campaignes cou 
uertes de Meuriers, et leurs rues pauees de soye* 
ainsi que non sans merueille ces choses se re¬ 
marquent à Florence,Naples, Vérone,Vincence 
Milan, Padouë , Genes, et autres villes de 
l’Italie. La loüange de telles richesses sera deuë 
à vos sages conseils et prouidences , ornans à 
vostre tour , comme vos Aneestres ont fait en 
leurs temps , la ville de l’Europe la plus ca¬ 
pable de belles choses. Pour comble desquelles 
félicitez, Dieu vous a fait naistre sous la grande 
lumière de ce fleurissant et heureux régné, et 
vous conseruera en Paix et Iustice : de quoi le 
supplie très-humblement Messievrs, 

Vostre tres-humble et tres-affectiônné 
seruiteur Olivier de Serres. 

De Paris le premier jour de Feburier. 

M. D. XCIX. » 

On peut voir par la lecture de cette pièce, et 
par celle des citations qui précèdent, combien 
l’orthographe varioit à l’époque où écrivoit Oli¬ 
vier de Serres, sans parler des nombreuses 
abréviations que je n’ai pas cru devoir conser¬ 
ver , parce qu’elles rendent la lecture trop dif¬ 
ficile ; cette variation étoit telle , que l’ortho¬ 
graphe n’étoit déjà plus la même dans la pre¬ 
mière édition du Théâtre d’Agriculture qu’on 
imprimoit en même temps, et qu’elle changeoit 
non seulement dans chaque édition, mais en¬ 
core dans chaque page , et même plusieurs fois 
dans la même page. 

Le petit nombre de bibliographes qui ont cite 
cet ouvrage en ont mal copié le titre, ils ont écrit 
la Gueillete de la Soye pour la nourriture des 
Vers qui la font, au lieu de par la nourriture . 
Ils ont confondu l’action de cueillir la feuille du 
mûrier, pour nourrir les vers, avec la récolte de 
la soie , qui est le résultat de cette nourriture } 
ils n’ont pas réfléchi que les mots cueillete el 
cueillir, dans Olivier de Serres, veulent dire 
également récolte et récolter', tels sont Boissier 
de Sauvages, Hérissant, Haller, Amoreux, 
Buc’koz, Boehmer, etc. Au surplus, cette faute 
se trouve aussi dans plusieurs catalogues, d’où 
elle aura sans doute été copiée} car l’on sait 
que les bibliographes sont souvent réduits 


DU THEATRE D’ AGRICULTURE. 


7 


ne consulter que des catalogues. Sauvages et 
Hérissant ont ajouté une seconde faute à la pre¬ 
mière , ils ont mal mis le nom de l’auteur ; le 
premier, dans un endroit, l’appelle Serrés (1)] 
l’autre l’appelle tantôt Desemes , tantôt De¬ 
serres , d’un seul mot (2) ; Haller l’appelle des 
Serres ( 3 ). 

M. Faujas , dans sa lettre insérée tome I, 
de la nouvelle édition (page lxxix, N°. VIII) , 
indique la Cueillete de la Soye de format 
in-douze 5 c’est une méprise que j’ai indiquée 
dans une note. 

Cet Opuscule , assez rare aujourd’hui, est 
imprimé avec soin. 

z°. Seydewwurm : von Art, Natur, 
Eigenschafft undgrosser Nuzbarkeit 
desz Edlen Seydewwurms , auch 
Vflantzung und Erhaltung desz zu 
seiner Nahrung hoch erforderten 
Maulbeerbaums. W'ie, unnd was mas- 
sen solches herrliche Werck,inTeuts- 
chen ( sonderlich denen Landen, da 
es Weiîvwachs hat ) zugleich anderen 
Orten , angerichtet, und mit Lob , 
Nutzen und Ruhm fortgetrieben wer- 
den mœge. Ebersetzt jac . rathgeb . 
Tubingen , Erhard Cellius. i 6 o 3 . 
in- 4 °. 

Frédéric, qui fut duc de Wurtemberg depuis 
15^3 jusqu’à sa mort, arrivée en i 6 o 3 , par¬ 
courut incognito presque toute l’Italie dans les 
deux derniers mois de i5ç 9 , et dans les quatre 
premiers de 1600 , avec son architecte Henri 
Schickardt, dans la vue d’introduire dans ses 
états le commerce de la soie, en y faisant élever 
des vers-à-soie et planter des mûriers 5 a cet 
effet il fit publier un rescrit général dans tout 
son duché. C’est en faveur de cet établissement 
de Frédéric , que Jacques Rathgeb , autrefois 


(1) Catalogue des tuteurs qui ont écrit sur les vers 
à soie et sur les mûriers, page 3. 

(2) Bibliothèque physique de la France, pages 409 , 
4i6. 

(3) Bibliotheca botanica , tom. I, pag. 3ÿ5. 


secrétaire de la chambre de Wurtemberg , fit 
paroître la traduction allemande que je viens de 
citer, du traité des vers-à-soie, par Olivier de 
Serres, imprimée à Tubinge, en i 6 o 3 . 

Le titre allemand de cette traduction est bien 
plus étendu que celui de l’original, qui est beau¬ 
coup trop modeste: Ver à soie ; de l’espèce, 
nature , qualité et grande utilité de ce noble 
ver, ainsi que de la plantation et conservation 
du mûrier, indispensablement nécessaire à son 
entretien . De la manière dont ce noble ouvrage 
peut être exécuté en Allemagne ( sur-tout dans 
les pays à vignobles ) et dans d’autres pays , 
avec réputation, utilité et gloire, etc. 

Je n’ai point vu cette version allemande , 
qu’on annonce être très-fidèle; j’ai extrait ce 
que j’en dis de l’ouvrage de Godefroi Daniel 
Hoffmann , professeur de droit public à Iena ( 1 ), 
déjà cité à ce sujet par mon collègue M. Gré¬ 
goire, tome I, page cxlvij du Théâtre d’Agri¬ 
culture $ elle doit être assez rare, même en Alle¬ 
magne, puisque Haller, qui la cite, ne l’avoit 
pas dans sa nombreuse bibliothèque , et vrai¬ 
semblablement ne l’avoit pas même vue. 

Il paroît que les bibliographes ont fait pour 
le nom du traducteur ce qu’ils avoient fait pour 
celui de l’auteur : on vient de voir que Hoffmann 
l’appelle Rathgeb, et comme c’est lui qui donne 
le plus en détail le titre de la traduction et son 
histoire, il paroît mériter le plus de confiance ; 
Haller le nomme Rathgerber, et je lui ai donné 
le même nom, d’après Haller, dans la petite 
notice que j’ai publiée en l’an VIII ; enfin Boeh- 
mer l’appelle Rathberger. 

J’ajouterai en passant , que rathgeber est 
un mot allemand , qui veut dire conseiller ; et 
qu’un chevalier Rathberg étoit l’ami de Phi¬ 
lippe Miller, auteur du Dictionnaire des Jar¬ 
diniers , et s’occupoit aussi d’agriculture et de 
la culture des arbres. 

Haller (2), et Boehmer qui l’a très-vraisem¬ 
blablement copié, ont placé cette traduction à la 
suite du second Opuscule d ’Olivier de Serres, 
de manière à faire croire qu’ils la regardoient, 


(1) Observations circà Bombyces, Sericum et Mo¬ 
tos , etc. 

(2) Bibliotheca botanica , tom. I,pag. 396. 



8 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


l’un et l’autre, comme étant celle de cet Opus¬ 
cule ; Boehmer même l’a mise après la traduc¬ 
tion angloise, dont je parlerai plus loin (1). 
Mais le second Opuscule et la traduction sont 
de la même année, et il n’en étoit pas alors 
comme de nos jours , où les traductions s’im¬ 
priment en même temps que les éditions ori¬ 
ginales ; d’ailleurs, le titre même de la traduc¬ 
tion allemande ne peut laisser de doute à cet 
égard , il ne contient rien qui soit relatif au 
deuxième échantillon. 

I I. 

i°. La Seconde richesse dv Mev- 
rier - rlanç. Qui se treuue en son 
Escorce 3 pour en faire des Toiles de 
toutes sortes 3 non-moins vtiles que la 
Soie3prouenant de la Fueilled > iceluy. 
EscliantiUon de la seconde Edition du 
Theatre d’Agriculture , d’olivier de 
serres Seigneur du Pradel. A mes- 
sire pom p one de REziE Nre Chan¬ 
celier de France. A Paris, chez 
Abraham S a r grain, rue S.Lacques, 
aux deux Viper es. m. d c jj/. Aueç 
Priuilege du Roy. * 

‘ Petit in-8°. de 27 pages pour le titre , l’épitre 
dédicatoire et le texte, et une page non chiffrée 
au verso de la page 27 , pour l’extrait (qui est 
écrit extriact) du privilège du roi , le même que 
celui de la Cueillete de la Soye. La vignette 
du titre est un pot de fleurs. 

Ce petit ouvrage forme le chapitre XVI du 
cinquième Lieu du Théâtre d’Agriculture , de 
l’édition de i 6 o 3 , ainsi que l’indique le titre; 
il manque à l’édition in-folio de 1600 , et je 
dois remarquer que l’indication de ce chapitre 
est omise dans le sommaire de ce Lieu, de 
l’édition de i 6 o 3 , et de toutes les suivantes, 
quoique le chapitre s’y trouve (2). 


(r) Bibliotheca scriptorum historiée naturalis œcono- 
miee, pars II, vol. II, pag. z 5 z. 

(2) Voyez la note (1) du cinquième Lieu, tome II, 
page i 5 a. 


Ce que j’ai dit tout à l’heure de la variation de 
l’orthographe d ''Olivier de Serres, peut encore 
être vérifié ici, soit dans fe titre, soit dans l’épi¬ 
tre , soit dans le texte, soit même dans l’extrait 
du privilège ; le mot sole est avec un i dans la Se¬ 
conde richesse du Meurier blanc ; il est avec un 
y dans la Cueillete de la Soye ; on lit dans celle- 
là échantillon, dans l’autre eschantillon, etc. 
Du reste il n’y a point de changement entre 
l’Opuscule publié séparément, et le chapitre 
de l’ouvrage ; la seule différence qui les carac¬ 
térise , c’est que le titre est bien plus long et 
plus détaillé dans le premier que dans l’autre, 
qu’il n’y a point d’indications marginales comme 
dans la Cueillete de la Soye et dans le Théâtre 
d’Agriculture, et que l’auteur y a ajouté , 
comme au premier , une épitre dédicatoire que 
je transcris ici. 

« A Monseignevr, Monseignevr de Believre^ 
Chancelier de France. 


» Monseignevr , Entre toutes les inuen- 
tions treuuees pour le soustien de la vie hu¬ 
maine, aucune ne se void donner tant de peine, 
que l’ouurage du pain : car le - labourer des 
terres , le-moudre des blés, les-boulenger,ne 
laissent iamais en repos le-pere-de-famiUe j dont 
il y a apparence ? que si, peu à peu, onn’eust 
amené les peuples à ce trauail-là > ils se fussent 
contentés des fruiets desquels se nourrissoient 
les hommes des premiers siècles , pour s’affran¬ 
chir de tant de labeurs. Ioint que p’est tous- 
iours leur naturel, de rejetjer toutes pouuejles 
ipueptions, quoi-que profitables. Ceste diffi¬ 
culté , Monseigneur, pi’ a fai* différer quelque 
temps, d’escrire la maniéré de faire croistre la 
Soie , par l’introduction des Meurjers, en la 
pluspart des prouinces du coeur de ce Roiaum e j 
et iusques à ce qu’il pleust au Roi me comman¬ 
der d’en discourir vn ipur deuantlui, où ai.ant 
bien receu les raisons sur lesquelles je mefondoi 
pour cest effect ; il me commanda de mettre en 
lumière ce que l’experience m’en auoit fait re- 
çognoistre. Voila comme , auec l’authorité de 
sa Majesté , j’ai exposé en public , le premier 
traité de cest ouurage : lequel feust dem eur ® inl ” 
parfaict, s’il n’eust-eu le bon-heur de vostre 
fauorable support. Mais vostre sage prudence » 
jointe 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


9 


jointe auec 1 expérience de vos lointains voiages, 
pour vos grandes ambassades , en a bien sceu 
considérer l’vtilite : et vostre vertu s’opposer 
aux trauerses qui se sont manifestées à l’intro¬ 
duction de tant fructueuse entreprise. Au grand 
profit de tout le peuple de la France, qui iusques 
ici, a esté contraint de mendier ces choses des 
estrangers , se les pouuans donner lui mesmes, 
pour la bonté de sa terre èt tempérament de son 
ciel. Et voiant auec quelle particulière affection, 
vous auez fortifié ce dessein, et combien vous 
auez apporté d’aide et de secours pour faire res¬ 
sentir à toute la France, le bien qu’elle en peut 
receuoir, Dieu m’aiant fait la grâce (vn bien sui- 
uant communément l’autre ) d’auoir treuué vn 
second trésor en la plante du Meurier blanc : 
j’ai jugé que comme à un des premiers et princi¬ 
paux appuis de cest Estât, il vous appartenoit 
de me commander, que sous l’asseurance de 
vostre nom et dé vostre faueur, j’eusse à le mettre 
en lumière : ce que ie fai, et vous supplie tres- 
humblement, Monseigneur , auoir pour agréa¬ 
ble ceste mienne deliberation , voiant de bon 
œil, ce liuret que je vous présente , de l’vtilité 
qui se tire de l’Escorce de cest arbre, qui est la 
matière du linge, beaucoup meilleure et plus 
abondante , que ni le lin , ni le chanvre ; dont 
la facilité de l’ouurage est telle , que les moin¬ 
dres seruiteurs de la famille jusqu’aux enfans, y 
peuuent estre emploiez , à toutes heures , sans 
despense, sans nul hazard , auec bon et heureux 
succès. Et la France vous aura l’obligation de 
l’auoir remplie de telles richesses, avec l’im¬ 
mortelle mémoire de vostre nom , de vostre mé¬ 
rité , de vostre bien-vueillance. le vous supplie 
doncques treshumblement , Monseigneur , ré- 
ceuoir fauorablement le debile ouurage d’un 
homme des champs , qui en sa solitude , priera 
Dieu pour vostre longue vie et prospérité, et 
des vostres. A Paris ce xxvj. Iuillet i 6 o 3 . 

>3 Vostre treshumble et tresobeissant 
seruiteur, Olivier de Serres. 33 
On peut compter parmi les traverses dont 
parle Olivier de Serres dans cette lettre, et qui 
s’opposoient à l’introduction de la soie et de 
la culture des mûriers en France, l’opinion de 
Sully dans le Conseil, opinion qui paroît avoir 
été vivement combattue par le Chancelier. Le 


premier ne voyoit dans cette introduction qu’un 
luxe et une dépense inutiles; le second jugeoit 
plus sainement, que ce luxe ne s’en établiroit 
pas moins, que pour le satisfaire il faudroit ex¬ 
porter , comme on le faisoit déjà, des sommes 
énormes chez nos voisins ; et que ces sommes 
seroient bien plus avantageusement employées 
en cultivant nous-mêmes ces objets. L’expé¬ 
rience et le temps ont prouvé contre l’opinion 
de Sully , et à cet égard , comme l’a déjà fort 
bien observé M. François ( de Neuf château ) , 
l’agriculteur eut l’honneur de l’emporter sur le 
surintendant (1). 

La Cueillete de la Soye est d’un caractère 
typographique plus fin que l’édition de 1600 ; et 
la Seconde richesse du Meurier-blanc est d’un 
caractère plus fort que l’édition de i 6 o 3 . Il ré¬ 
sulte de cette observation, que ces Opuscules 
ne sont point extraits des éditions dont ils dé¬ 
voient faire partie , mais qu’il? ont été impri¬ 
més séparément, d’un autre caractère , et qu’ils 
ont précédé ces éditions, auxquelles ils ser- 
voient véritablement d’échantillons, non pour la 
forme, mais pour le fond. J’ajouterai que l’exé¬ 
cution typographique du dernier Opuscule n’est 
pas aussi bien soignée, que celle du premier. Au 
reste , il est plus rare encore que la Cueillete de 
la Soye, on le trouve indiqué dans bien moins de 
catalogues, peut-être à cause de son peu d’éten¬ 
due, et il est cité par moins de bibliographes. 

2 0 . Opuscules de pierre richer 
de BELiEVAi, JF rentier Professeur 
de Botanique et d’Anatomie en l’U¬ 
niversité de Médecine de Montpel¬ 
lier ; auxquels on a joint un Traité 
d ’olivier de serres, surla Manière de 
travailler l’Écorce du Mûrier blanc. 
Nouvelle édition , d’après les Exem¬ 
plaires de la Bibliothèque du Roi. 
Bar M. broussonet, d. m. , Associé 
Ordinaire de la Société Royale de 
Londres , de celles de Montpellier, 
d’Edimbourg, de Madrid , etc. Pro¬ 
fesseur Adjoint d’Economie Rurale 

(x) Voyez tome I, page xxxiy. 

2 



10 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


à VEcole Royale Vétérinaire ( d’Al - 
fort). A Paris, m. dcc. lxxxf. * 

Grand in-8°, de 8 pages pour le titre et la 
préface de l’éditeur ; 38 pages pour le premier 
opuscule de Richer de Belleval; \ pages pour 
le second ; un feuillet non chiffré , 8 pages et 
cinq planches pour le troisième ; enfin 18 pages 
pour l’opuscule d 'Olivier de Serres , qui ter¬ 
mine le recueil, qui a un titre particulier et qui 
est paginé séparément, comme toutes les autres 
pièces qui précèdent. 

M. Broussonet est bien connu des savans par 
Ses travaux en histoire naturelle , il étoit secré¬ 
taire perpétuel de la Société royale d’Agricul¬ 
ture de Paris , qui se fait toujours gloire de le 
compter au nombre de ses membres, et près de 
laquelle il rempliroit encore ses fonctions, sans 
les missions importantes dont il a été successive¬ 
ment chargé par le Gouvernement, et sans la 
place de professeur de botanique qu’il occupe à 
l’École de Médecine de Montpellier; il a fait suc¬ 
cessivement proposer par la Société royale des 
Sciences de cette ville, l’éloge de Richer de Bel¬ 
leval, et celui d ’Olivier de Serres (i); voici comme 
il s’exprime, pages 7 et 8 de la préface , relati¬ 
vement à la Seconde richesse du Meurier blanc. 

« J’ai cru pouvoir mettre à la suite ( des opus¬ 
cules de Richer de Belleval ) un Traité ü! Oli¬ 
vier de Serres , sur la Maniéré de filer l’écorce 
du Meurier blanc : cette découverte appartient 
entièrement à cet Auteur, recommandable par 
ses profondes connaissances dans la culture des 
végétaux, et dont le Théâtre d’Agriculture f 
publié vers le commencement du dernier siecle , 
offre une preuve des progrès que cet Art avait 
fait en France , long - tems avant qu’il n’eût 
attiré l’attention des Peuples chez lesquels il 
fleurit de nos jours. Quelques personnes ayant 
d’ailleurs annoncé tout récemment la maniéré 
de filer l’écorce du Mûrier, comme une décou¬ 
verte qui leur était propre ; je me fais un de-, 
voir de rendre à la mémoire d’ Olivier de Serres 
la justice qui lui est dûe à cet égard. Ses Ou¬ 
vrages , quoique d’une utilité plus directe que 


(1) Voyez ce qui a été dit à ce sujet, tome I, 
pages xxxij et lx. 


ceux de Belleval, sont presque aussi p eu r é 
pandus , et c’est encore un motif qui m ’ a en 
gagé à donner une nouvelle édition de celui-ci 
Cette maniéré de retirer la soie de l’écorce dé 
cet arbre , peut devenir sur-tout avantageuse 
dans les Provinces où la rigueur des saisons 
ne permet pas d’élever le ver-à-soie. J’aurai 
rempli mon but, si je puis engager quelques 
personnes à répéter des expériences qui peuvent 
devenir très - avantageuses , et qu’ Olivier de 
Serres avait commencé en grand par les ordres 
de Henri IV, dans le Jardin des Tuileries. » 

M. Broussonet a conservé à cette réimpres¬ 
sion la date de i 6 o 3 ; il vouloit aussi conserver 
avec soin l’originalité de l’orthographe ; mais, à 
cet égard, il a été mal secondé dans les détails, 
par l’imprimeur, qui a joint au style à?Olivier 
de Serres, l’accentuation moderne qui n’exis- 
toit point alors. 

Cette édition n’a été tirée qu’à un petit nom¬ 
bre d’exemplaires. 

3 °. The perfectuse ofSilk-w ormes , 
and their benefit. With the exact 
planting , and artificiall handling of 
Mulberrie trees whereby to nourish 
them , and the figures to know how to 
feede the Wormes , and to winde off 
the Silke. And the fit maner to pré¬ 
paré the barke of the white Mulberrie 
to make fine linnen and other workes 
thereof. Done ont of the French ori- 
ginall of d’ olivier de serres lord ofi 
Pradel into English 3 by Nicolas 
geffe Esquier. With an annexeddis¬ 
course ofhis owne of the meanes and 
sufficiencie of England for to haue 
abundance offine Silke by feeding of 
Silke-wormes within the same ; as by 
apparent p roof es by and universall 
benefit of ail those his Countrey nien 
which embrace them. Neuer the like 
y et here discouered by any. 

Au despit d’envie. 

At London Imprented by F EL JX 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


11 


Kyngston , and are to be sold by 
Richard Sergier and Christo¬ 
pher Purset y <with the assignaient 
of William St allen ge. 1607. Cum 
Privilegio. 

Petit in-40. de 4 feuillets non chiffrés pour le 
titre , l’épitre dédicatoire du traducteur au roi 
Jacques I, et trois pièces de poésies angloises 
en l’honneur à? Olivier de Serres ; 96 pages de 
texte, chiffrées de suite, puis ensuite un feuillet 
chiffré 81 au recto seulement, sans néanmoins 
interruption du texte , et au verso de ce feuil¬ 
let 81, ainsi qu’au recto du feuillet suivant non 
chiffré, sont deux gravures en bois. 

L’ouvrage de N. Geffe, annoncé dans le 
titre , est paginé séparément et a un titre par¬ 
ticulier, avec cette épigraphe : propatriapario-, 
il a un feuillet pour le titre , 14 pages de texte 
( celle 2 est cotée 88 , sans doute aussi par er¬ 
reur ), et un feuillet non chiffré à la fin , pour 
un avis au lecteur ( to the Reader ) , daté de 
Londres , Bacon House, 20 Mai 1607; l’er- 
rata est au recto de ce feuillet. 

Cette traduction est celle des deux opuscules 
d '‘Olivier de Serres ; le titre anglois, comme 
nous l’avons vu tout-à-l’lieure pour le titre alle¬ 
mand de la traduction de la Cueillete de la 
Soye, est beaucoup plus étendu que l’original, 
et cela étoit nécessaire pour donner de l’avan¬ 
tage à une, chose encore nouvelle et inconnue 
dans les pays où on vouloit la propager. Voici 
à-peu-près la traduction du titre anglois : Le 
parfait usage des vers à soie et leurs bénéfices $ 
avec la plantation exacte et la conduite artifi¬ 
cielle des mûriers dont ils se nourrissent, et 
les figures qui indiquent la manière de les 
élever et de dévider la soie. La meilleure ma¬ 
nière de préparer Vécorce du mûrier Blanc pour 
en faire de la toile et d’autres ouvrages : tra¬ 
duit en anglois, de l’original françois ^Oli¬ 
vier de Serres , seigneur du Pradel, par Ni¬ 
colas Geffe écuyer. On y a joint un traité 
de ce dernier sur les moyens et la facilité qu’a 
l’Angleterre de se procurer beaucoup de belles 
soies en élevant chez elle des vers à soie ; ce 
qui est démontré par des preuves non équivo¬ 
ques et par les bénéfices qu’en retirent tous 


ceux de cette contrée qui nourrissent des vers ; 
sujet qui cependant n’a jamais été traité jus¬ 
qu’ici dans cette Isle , etc. 

La Cueillete de la Soye se termine à la 
page 85 , et la Seconde richesse du Meurierblanc 
occupe les pages 86-—ç3 ; le surplus est em¬ 
ployé a la description des figures ajoutées à cette 
traduction , figures qui sont prises dans l’ou¬ 
vrage de J. B. Le-Tellier, imprimé en i 6 o 3 , 
ou dans celui de B. de Laffemas, imprimé en 
160 5 , indiqués , l’un et l’autre, par M. Gré¬ 
goire , dans son Essai Historique sur l’état de 
l’Agriculture en Europe au XVI e siècle, placé 
en tête du tome I ( page cxlvj ) ; elles sont les 
mêmes dans les deux ouvrages. 

Séguier, qui ne cite point la Cueillete de la 
Soye , ne parle de cette traduction angloise que 
comme étant celle de la Seconde richesse du 
Meurier blanc seulement (1). Boehmer, en la 
plaçant immédiatement après celle-ci , paroît 
avoir commis la même erreur : il l’indique sous 
le format in-octavo (2). 

Boissierde Sauvages, en en rapportant le titre 
fort abrégé , se borne à dire en note , qu’ellfe 
n’est que la traduction d’une partie de l’ouvrage 
d "‘Olivier de Serres ( 3 ). 

Il doit paroître étonnant aux bibliographes 
que Haller, qui étoit l’ami de Séguier et qui 
avoit son ouvrage sous les yeux, ait oublié cette 
traduction. Elle est dans la bibliothèque de 
Sir Joseph Banks, et on la trouve dans son 
catalogue, tome II, page 529 , et tome III, 
page 601. 

M. Grégoire a bien indiqué les deux tra¬ 
ductions allemande et angloise des opuscules 
à’Olivier de Serres, dans son Essai sur l’état 
de l’Agriculture, déjà cité, page cxlvij. 

Ces opuscules ne peuvent plus avoir aujour¬ 
d’hui d’autre mérite que celui qui tient à la 
rareté bibliographique, et sous ce rapport les 
amateurs continueront à les rechercher; mais 
considérés sous celui qui les a fait rédiger, ils 
deviennent inutiles aux agriculteurs, puisque le 
premier se trouve dans toutes les éditions du 


(1) Bibliotheca botanica, pag. 3 p 3 . 

(2) Bibliotheca scriptorum , etc. , pag. 25 a. 

( 3 ) Catalogue cité , page 3 . 



12 


notice bibliographique 


Théâtre d’Agriculture 
manque qu’à celle de ï 
paru , et à celle de T 
l’an XI( 180»), en 4 
celle de 1600. 

I I I. 

10 . Le Theatre d’Agricvltvre 

RT MESN AGE DES CHAMPS. d’OrIVIER 

de Serres Seignevr dv Pradel. A Pa¬ 
ris. m. d. c. Pai' Iamet Metayer 
I mprimeur ordinaire du Roy. Auec 
privilège de sa Majesté et de l Lm- 
pereur. * 

In-f°. , de 8 feuillets non chiffrés pour le 
titre, l’épitre dédicatoire au roi, le privilège, 
la préface et le sommaire général de tout l’ou¬ 
vrage ; vient ensuite le premier feuillet du texte, 
formant les pages 1 et 2 de la signature A, non 
chiffrées, contenant le titre et le sommaire du 
premier Lieu, et faisant partie des 1004 pages 
de texte; puis 9 feuillets non chiffrés pour la ! 
table des matières, imprimée en caractères ita¬ 
liques ; enfin un dernier feuillet isolé, au milieu 
du recto duquel on lit : Acheué d’Imprimer } le 
premier Iour de Iuillet, m. d. c. 

Le titre est un frontispice gravé représentant 
un portique d’architecture d’ordre toscan ; il 
est soutenu de pilastres ornés de bossages , 
bases et chapiteaux , érigés sur piédestaux; la 
partie supérieure est terminée par une archi¬ 
trave , une frise et une corniche. Les pilastres 
sont en saillie sur des pieds droits; deux de ces 
pilastres reçoivent l’arcade, qui est aussi ornée 
de bossages, et au milieu de laquelle il y a une 
clef. Dans les tympans de l’arcade sont, de 
chaque côté., des trophées en faisceaux , for¬ 
més avec des instrumens d’agriculture. Les 
piédestaux dés pilastres antérieurs sont ornés 
de paysages. On lit dans le milieu de la plinthe 
qui règne au-dessus de la frise : Secvritas 
Pvblica , et de chaque côté il y a une guirlande 
de fruits. La paitie supérieure du portique est 
une terrasse carrée, aux quatre coins de la¬ 


f et que le second ne 
600, après laquelle il a 
Æ. Gisors, publiée en 
volumes in-octavo, sur 


quelle il y a des vases de fleurs; chaque côté 
est occupé par quatre carrés de parterre , divisés 
par compartimens : au milieu de la terrasse est 
Henri IV, assis sur son trône, ayant sa cou¬ 
ronne , et revêtu de ses habits royaux , tenant 
dans la main droite la main de justice, et dans la 
gauche le sceptre : la Justice, tenant en mains 
l’épée et la balance, est à sa droite ; la Paix, 
tenant une branche d’olivier , est à sa gauche, 
toutes deux assises sur un petit tertre. En avant, 
à droite, est l’Agriculture, représentée par une 
femme qui laboure à la bêche. Le fond de l’es¬ 
tampe représente une vaste campagne ; sur le 
devant, de chaque côté du portique, est un 
champ de grains , à droite un olivier, à gauche 
un mûrier ; dans le fond à droite est un soleil 
couchant derrière une montagne ; dans l’éloi¬ 
gnement 011 voit des tours ; à gauche est une 
autre montagne, au pied de laquelle est un 
château : la campagne est parsemée d’arbres. Le 
titre de l’ouvrage occupe le milieu du portique: 
on lit dans un coin de la plinthe du bas, à 
gauche : Mallerÿ ,fecit. Cette planche est bien 
gravée sur cuivre. 

Le nom de l’imprimeur étoit écrit Mettayer 
dans le titre et à la fin du premier opuscule, il 
est écrit ici Métayer. C’est encore une preuve à 
ajouter à ce que j’ai déjà dit de la variation dè 
l’orthographe , qui, comme on le voit, s’éten- 
doit jusqu’aux noms propres. 

L’épitre dédicatoire est surmontée d’une vi¬ 
gnette , au milieu de laquelle est placé l’écusson 
des armes de France seulement, celles de Na¬ 
varre n’y sont pas : au bas de cet écusson est le 
chiffre de l’imprimeur ; de chaque côté sont des 
figures allégoriques ; la lettre S du mot sire est 
ornée : dans cette épitre, Olivier de Serres fait 
allusion à l’épigraphe securitaspublica, et à la 
position du roi sur le frontispice : Vostrepeuple, 
dit-il, demeure en seurtépublique.... cultivant 
sa terre , ... à l’abri de Vostre Majesté, qui a 
à ses costés la Justice et la Paix. Cette épitre 
dédicatoire datée dans toutes les éditions sui¬ 
vantes , de Paris , le premier jour de Mars 1600, 
ne l’est point ici , ce n’est qu’à la seconde édi¬ 
tion que cette date a été restituée. 

Le privilège du roi seulement, et non celui 
de l’empereur , dont il est fait mention dans le 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


titre , est imprime tout entier après l’épitre dé- 
dicatoire, avant la préface ; le nom à? Olivier de 
Serres, seigneur du Pradel, s’y lit tout au long. 
On a vu dans l’extrait de ce même privilège , 
qui est à la suite des opuscules , qu’il n’y avoit 
que sieur du Pradel. 

Le titre de chaque Lieu, ou Livre , est sur¬ 
monté d’une vignette en bois, encadrée dans 
des cadres mobiles, fort bien gravée , elle re¬ 
présente les travaux dont il est question dans le 
Lieu : au bas est en cul-de-lampe le même pot 
de fleurs pyramidal que j’ai indiqué à la fin de 
la Cueillete de la Soye ; au verso de ce titre est 
le sommaire du Lieu, comme on le trouve dans 
la nouvelle édition. 

Les seize planches qui sont dans le Lieu 
sixième représentent des compartimens de par¬ 
terres pris dans ceux qui ornoient alors les. jar¬ 
dins des Tuileries, de Saint-Germain-en-Laye, 
et de Fontainebleau, et quelques plans du jardin 
médicinal ; elles sont imprimées avec le texte , 
et sont également gravées en bois. 

Cette édition est, sans contredit, la plus 
belle de celles qui ont été publiées pendant la 
vie à' Olivier de Serres, et elle fait honneur à 
l’imprimerie de Jamet Métayer ; mais aussi les 
augmentations nombreuses que l’auteur a ajou¬ 
tées aux éditions suivantes la rendent la moins 
complette. J’indiquerai ces additions en parlant 
de la seconde. 

Quelques catalogues de vente de bibliothè¬ 
ques ont annoncé cette édition de 1600 sous le 
format in-quarto, et à cet égard je dois dire que 
moi-même j’ai cru, pendant quelques temps, que 
les éditions in-quarto étoient in-octavo, en ne 
faisant attention qu’aux signatures des feuilles ; 
peut-être est-ce par le même motif que les li¬ 
braires qui ont rédigé ces catalogues auront fait 
la même faute. Chaque signature de l’in-folio 
est composée d’un cahier de deux feuilles , 
comme dans plusieurs éditions in-quarto , ce 
qui donne 4 feuillets ou 8 pages pour chaque si¬ 
gnature de l’in-folio, et 8 feuillets ou, 16 pages 
pour chaque signature de l’in-quarto. Mais il 
suffit, s’il restoit quelques doutes à cet égard, 
de consulter les vergeures et les pontuseaux 
du papier pour se convaincre de la réalité des 
formats in-folio et in-quarto. 


i 3 


2 , 0 . — Seconde Edition , reueuë et 
augmentée par l*Auteur. Ici est re¬ 
présenté tout ce qui est requis et ne¬ 
cessaire pour bien Dresser , Gouuer- 
ner , Enrichir et Embellir, La maison 
R rsTiQVE. A Paris, m. dciii. Chés 
Aer. Savgrain t rue S t . Iacques de- 
uant S\ Benoist , a l’enseigne des 
deux Viperes. Auecpriuilege du Roi 
et de ! Empereur. * 

In - 4 °- de 8 feuillets non chiffrés pour le 
titre, l’épitre au roi , les privilèges et la pré¬ 
face ; 907 pages de texte, y compris le titre et 
le sommaire du premier Lieu, non chiffrés, 
comme dans la première édition; le verso du 
dernier feuillet est blanc ; v3 feuillets non chif¬ 
frés pour la table des matières, imprimée en 
caractères romains ; le verso du dernier feuillet 
de la table contient l’errata , et au-dessous on 
lit en gros caractères : La première Impression 
deceLiure a esté acheuee d’imprimer, le der¬ 
nier jour de Iuillet. m. ne. dans l’édition in- 
folio , on lit le premier jour de Iuillet. 

Le frontispice du titre est le même que dans 
la première édition ; mais il a été regravé dans 
de plus petites proportions, pour l’adapter au 
format in-quarto, et on y observe quelques diffé¬ 
rences. Les deux paysages des piédestaux des 
pilastres antérieurs sont transposés, et ne res¬ 
semblent pas parfaitement aux premiers ; le 
nom du graveur, qui, ici, est écrit C. de Mal- 
lery , se trouve au bas de la plinthe à droite ; 
les figures de dessus la terrasse présentent aussi 
quelques dissemblances. 

Après l’épitre dédicatoire vient le privilège 
du roi , et ensuite V Extraict des Registres de 
Parlement, duquel il résulte que le privilège 
n’a été enregistré que le 5 Juillet 1602. Plus 
bas est la vérification du prévôt de Paris , du 
21 Août i 6 o 3 . On trouve ensuite le privilège 
de l’empereur d’Allemagne, Rodolphe II ; il 
est en latin, et pour dix ans, comme celui du 
roi : Datum in Arce nostra Regia Pragæ , die 
■vigesima octaua mensis Iunij. Anno Domint 
millesimo sexcentesimo primo. Ce Rodolphe , 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


14 


second du nom , qui avoit alors quarante-neuf 
ans, étoit grand amateur. d’astronomie , 4 e 
chimie et d’équitation. 

Les vignettes en bois placées au-dë.ssus dii 
titre de chaque Lieu } 'sottt lés mêmes qùe dans 
l’édition in-folio , on en a supprimé les cadres 
m.o\)\\es, Saugrain a fait'aûssi comme.avoit, fait 
Métayer, il.a placé au-dessous dp cei? titres le 
cul-de-lampe qu’il ayoit mis. dans, le ti.trevde la 
Seconde richesse du Mêürier blanc. 

Les seize figures du sixième Lieu sont égale¬ 
ment les mêmes , et faisant partie du texte , à 
l’exception de la dernière, page 554 , qui est 
tirée à part ; elle n’auroît pu tenir sur la même 
page où est le texte qui la concerne, et on n’â 
pas jugé à prôpos de la tirer Sur feuille pleine ; 
comme dans Fin-folio , bu ellè a un’ onglët poù'r 
être endossée avec lés autres. 

Cette seconde édition contient beaucoup 
d’augmentations et d’additions faites par Oli¬ 
vier de Serres -, depuis la première- ; les prin¬ 
cipales se rapportent aux pages suivantés de 
l’édition de 1600 : préfacé ; deuxième Lieu , 
page 107; troisième Lieu , pages 211, 217, 
25 o ; cinquième Lieu, pages 358 , 4 o 3 , 404 
458 , 462 , 471 j sixième Lieu , pages 5 i 3 , 
538 , 544, 552 , 558 , 56 1, 5 7 o, 5 97 , 6 x 3 , 
626, 691, y' 5 z. Cë ne sont pas, au surplus, 
de simples augmentations , des changemens ou 
des corrections ; c’est, comme je l’ai déjà dit, un 
chapitre entier au cinquième Lieu ; ce sont des 
articles neufs ajoutés, tels que la manière de 
faire éclore les canards à la Chine , page 358 ; 
l’historique de l’introduction de la culture de la 
soie en France, page 458 ; un supplément à la 
culture du mûrier, pages 462 et 471 ; un article 
très-étendu sur la culture des melons, page 544; 
c est 1 arbre de Judee , le lilas , lé seringa , 
l’aulonier , ajoutés aux arbres d’agrément , 
pages 558 et 56 1 ; la manière de conserver les 
coins, page 691 ; etc., etc. 

C’est sur cette édition que nous avons princi¬ 
palement fait la nôtre ; je dis principalement, 
parce que je n’ai pas négligé de collationner les 
suivantes , et d’y reporter quelques légers chan¬ 
gemens et quelques nouvelles additions qù’ Oli¬ 
vier de Serres avoit cru devoir y ajouter. Elle 
est assez correcte, et d’ijne exécution typogra¬ 


phique soignée, mais le papier n’en est pas beau 

On trouve dans le Catalogue des livres defè 
le C. Michot , dont la vente a été faite ^ 
M. Barroisainé, libraire, en Fructidor an Vlli 
( page 12, n°. 60), une édition du Théâtre 
d’Agriculture d ’Olivier de Serres , indiquée 
sous la date de 1604, in-40. ; mais c’estune er¬ 
reur que j’ai vérifiée , c’étoit l’édition de i6o3 

3 °. — Troisiesme Edition ....... 

A Paris, m. ncv. Chés Abu. Sa y. 

grain . ..... (1). 

In-40. de 8 feuillets non chiffrés pour tout 
ce qui précède le texte, comme à la précé¬ 
dente; 997 pages de texte, le verso du dernier 
feuillet blanc , et i 3 feuillets non chiffrés pour 
la table des matières, imprimée en caractères 
italiques. 

Quoique cette édition ait un plus grand 
nombre de pages que la précédente, elle n’en 
diffère cependant que par le changement de 
quelques vignettes ou de lettres initiales ; ce 
plus grand nombre de pages vient de ce que 
l’impression est plus chassée, la justification 
des pages étant plus étroite ; on trouve deux 
lignes de moins dès la première page , cinq à la 
seconde, neuf à la troisième , etc. 

Après la page 496 , qui termine la feuille 
H h , on trouve 3 feuillets non paginés, qui ont 
pour signature nne *J* , ce qui fait six pages de 
texte de plus. Ces trois feuillets contiennent le 
chapitre XVI du cinquième Lieu, qui avoit 
sans doute été oublié , et qu’on a réimprimé 
après coup. Après la page 576 , qui termine la 
feuille N n, la feuille O o ; commence par 587 et 
suit ainsi , ce, qui fait dix pages de moins : la 
page 61 3 est chiffrée 611 ; puis vient ensuite 
614 j 61 5 , puis reprend 612, 6i3 > 6t4? sans 
dérangement dans le texte et dans la feuille P p} 
la feuille Q q recommence à 609 et suit de nou¬ 
veau , ce qui fait ici dix pages de plus 5 la page 
814 est chiffrée 81 5 , celle 8 i 5 est chiffrée 816, 

(1) Dans cette édition , comme dans les suivantes , j e 
ne copie du titre que ce qui s’y trouve ajouté ou changé 
de l’édition d’auparavant , r ainsi tout ce que je ne copie 
pas est censé exister comme dans les éditions qui pré¬ 
cèdent, 





DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


i 5 


et la page 816 est bien chiffrée ; la page 819 est 
chiffrée 816 : ainsi il y a réellement dans cette 
édition , à cause de l’irrégularité de la pagina¬ 
tion , cent pages de plus que dans la seconde. * 

Quelques autres éditions présentent égale¬ 
ment des fautes de pagination 5 je ne les ai pas 
toutes collationnées comme celle-ci ; lorsque le 
hasard m’a fait découvrir de ces fautes , je les 
ai indiquées , mais je me suis ordinairement 
borné à prendre le nombre des pages du texte 
sur la dernière. 

Cette troisième édition est imprimée avec les 
mêmes caractères que la seconde, ils étoient 
usés, et l’exécution s’en ressent.; le papier est 
moins beau encore. Les vignettes et les culs-de- 
lampes des titres des Lieux sont, les mêmes. 
L’exemplaire que j’ai sous les yeux étoit dans 
la Bibliothèque de l’Abbaye de Sainte-Géne¬ 
viève, à Paris, il est aujourd’hui dans celle du 
Panthéon , qui la remplace , ou plutôt qui est 
la même. 

Béguillet et Bonnaterre ont annoncé comme 
première, une édition du Théâtre d’Agricul¬ 
ture , sous la date de 1606; le premier dans 
Y Encyclopédie in-folio, supplément, tome I, 
au mot Agriculture ( page 216 ) ; le second dans 
le troisième discours qui est en tête du Diction¬ 
naire d > Agriculture de Y Encyclopédie métho¬ 
dique (page 242) ’ on voit que c’est une erreur, 
il 11’y a même point d’édition de cette année;, je 
dois dire aussi que Philippe Re a fait la même 
faute plus récemment encore, d’après l’un ou 
l’autre, dans son Essai de Bibliographie géor - 
gique ( 1 ) ; et, comme Haller, il appelle Olivier, 
des Serres ; Béguillet l’appelle sire de P radines. 

4°. —r Quatriesme Edition . . . .... 
A Paris, m, jdc. viii . Chez Îean 
Berjon rue Sainct Jean de Beàuuais 
au Cheual volant, et sa boutique au 
Palais , en la galle rie des prison¬ 
niers . . . * 

In-4°., de 20 feuillets non chiffrés pour tout 
ce qui précède le texte ; et en outre , dans cette 


édition , pour les quatorze pièces de poésies en 
l’honneur d ’Olivier de Serres et de son ouvrage, 
la première où elles se trouvent ; 908 pages de 
texte , un feuillet Blanc , dernier de la signa¬ 
ture M m m ; 1 3 feuillets non chiffrés pour la 
table, imprimée en caractères romains; on lit 
au recto du dernier : Quatriesme Edition Im¬ 
primée a Paris , chez Iean Berjon , Van m. 
ne. viii. 

Le frontispice ou le titre a été regravé de nou¬ 
veau , et on y observe des différences, soit dans 
lés paysages qui sont sur la face antérieure des 
piédestaux des pilastres, soit sur la terrasse, 
soit.dans le fond : ici le trône et la robe de 
Hehfi IV sont semés de fleurs de lys ; dans les 
précédons, le trône seulement étoit semé d’her¬ 
mines ou d’abeilles, et la robe du roi étoit unie : 
ce n’est plus un château., c’est une ville qu’on 
observe au pied de la montagne à gauche ; on 
lit sur le socle du piédestal, du même côté : 
L. Gaultier sculp. En général , cette gravure 
est moins douce et moins bien soignée que les 
précédentes. Les vignettes en tête du titre des 
Lieux sont bien les, mêmes que dans les édi-r 
tions précédentes, mais on n’y retrouve point 
les petits, cpls-de-lampes ; au reste, cette édition 
pàroîf avoir été faite, page pour page ou à-peu- 
près , sur celle de i 6 o 3 : elle né contient que 
quelques légères augmentations vers la fin, qui 
est d’ailleurs, un peu moins serrée, ce qui a 
chassé sur la 908* page. Ces augmentations pa- 
roissent indiquer qu’ Olivier de Serres a sur¬ 
veillé lui-même cette édition , qui, en général, 
est mieux exécutée que la précédente. 

Les Berjon étoient de Geneve, et ils y avoient 
une imprimerie ; Olivier de Serres y avoit été 
faire un voyage, près de Calvin, en i 56 i (1), 
et ils professoient la même religion;il ne faut 
sans doute pas chercher ailleurs l’origine des 
éditions du Théâtre d’Agriculture par ces im¬ 
primeurs , soit N à Paris, soit à Geneve;. et«ce ne 
peut être-que à'Olivier de Serres, lui Smême, 
qu’ils tenoient les poésies qu’ils ont mis les pre¬ 
miers en tête de leurs éditions. 

5 °. Le THEATRE d’Agricvltvre 


(1) Saggio di Bibliografia Georgica. In Venezia, 
1802. in-8°., pag. 4-9• 


(1) Voyeç tome II, page xyj. 




NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


1 6 


et Mesnàge des Champs , d’ oli¬ 
vier de serres , jS r . dv Pradel. Ou 
est représenté tout ce qui est requis 
et necessaire pour bien Dresser, 
Gouuerner , Enrichir et Embellir la 
Maison Rustique. Derniere édition, 
Reueuë et Augmentée par f Autheur. 
A Geneve, Par Mjtthief Berjon. 

M. FIC. XI. * 

In-8°. , de 32 feuillets non chiffrés pour le 
titre , l’épitre , les privilèges , les poésies , la 
préface , le titre et le sommaire du premier Lieu ; 
1198 pages de texte, et 16 feuillets non chiffrés 
pour la table, imprimée en caractères romains. 

Il y a des exemplaires dans lesquels on lit 
seulement : Par Matthiev Berjon , sans 
nom de lieu d’impression, tel est celui cité par 
Haller(\)y et un autre que j’ai vu dans le Dépôt 
littéraire des Jésuites de la rue Saint-Antoine ; 
dans d’autres on lit : A Cologni Par Mat - 
thiev Berjon , comme dans un exemplaire 
que j’ai dans ma bibliothèque 5 tous sont de la 
même édition. 

Le titre de l’ouvrage a été un peu changé 
dans cette édition ; la vignette représente un 
portique au fond d’une espèce de péristyle, 
d’un côté est un soldat romain qui paroît en 
garder l’entrée , et de l’autre , un philosophe 
qui tient à la main un poinçon , çt qui parle au 
garde. 

On sait que dans plusieurs ouvrages imprimés 
à Geneve vers le même temps, le nom de la ville 
ou celui du libraire n’y étoient point, et que 
quelquefois on ne les y mettoit qu’après coup 
et à la main, ce qu’en terme d’in^primerie , on 
appelle pousser. Des exemplaires de cette édi¬ 
tion de 1611 auront été tirés de ces trois ma? 
nières, et avec ces différences , qu’on retrouve 
dans quelques éditions A-Elian \ de Animalium 
Ratura ) et dans d’autres. Au reste, A Geneve 
est imprimé, et A Cologni est seulement poussé 
dans les exemplaires où je les ai vus , ce qui est 
aisé à reconnoitre au peu de netteté des carac¬ 
tères poussés, qui ont besoin de beaucoup d’en- 


(0 Bibliotheca botanica, tgm . I ,pag. Z<) 5 . 


cre pour marquer, avec une pression bien moi 
considérable que celle de la presse ordinaire 

Cologni ou Cologny, car on le trouve écrit 
de ces deux manières, est un des noms de 
Geneve (Colonia Allobrogum) ; beaucoup de 
copistes et quelques bibliographes écrivent Co¬ 
logne, dont l’origine est la même {Colonia 
Agrippina ). On a fait la même faute pour l a 
traduction françoise de Xénophon, par Pyra- 
mus de Candole , également imprimée à Co- 
logny dans le même temps ( en 1613 ). 

Quant à la manière d’écrire la date, m. vic.xi 
c’est bien 1611 5 on a déjà vu dans l’édition pré¬ 
cédente, que Jean Berjon avoit également im¬ 
primé à la fin m. vie. vin , pour 1608, qui est 
dans le titre. 

Les vignettes en tête des Lieux ne sont pas 
celles des éditions précédentes ; elles n’ont rien 
de relatif aux travaux qui y sont indiqués. 
L’édition est assez correcte; le caractère est 
trop fin pour le plus grand nombre des lec¬ 
teurs , et l’ouvrage forme un billot ; aussi beau¬ 
coup d’exemplaires sont-ils reliés en deux vo¬ 
lumes , coupés ordinairement au sixième Lieu. 

Les planches , comme dans les éditions in- 
quarto , sont en bois, et imprimées avec le 
texte ; elles ont été réduites pour le format in- 
ectavo, à l’exception de la seizième, page y 3 o, 
tirée à part, et qu’on a conservée de toute sa 
grandeur. 

Boehmer cite cette édition avec celle de 1629, 
sous le format in - quarto (1); mais c’est une 
erreur d’autant plus certaine qu’il avoit l’ou¬ 
vrage de Haller sous les yeux. Toutes les au¬ 
tres éditions de Geneve étant in-quarto, il aura 
peut-être pensé que Haller s’étoit lui-même 
trompé, quoiqu’il annonçât cette édition comme 
étant dans sa bibliothèque. 

On trouve dans le Catalogue de la Librairie 
de Charles Bougons ( in - 12 , page 34 ) ? une 
édition du Théâtre d’Agriculture indiquée sous 
la date de Geneve, 1661 , 2 volumes in-8°. , 
c’est une erreur de date que j’ai vérifiée , c est 
bien l’édition de 16» 1. Ges sortes d’erreurs de 
dates , qui sont assez fréquentes dans les catalo- 


(1) Bibliotheca scriptorum historiée naturalis , etc-, 
pars I, vol. II , pas. 6 o 3 . 

gués, 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


*7 


gués, font le tourment des bibliographes qu’elles 
trompent, sans que, le plus souvent, ils puis¬ 
sent le soupçonner, et sans qu’il soit, plus sou¬ 
vent encore, possible de le vérifier; on a créé ainsi 
une foule d’éditions qui n’ont jamais existé. 

L’auteur du Mémoire sur la culture de Voli¬ 
vier , qui-a obtenu le premier accessit à l’Aca¬ 
démie des Belles-Lettres , Sciences et Arts de 
Marseille , en 1782, dit, page 36 de son mé¬ 
moire , imprimé à Aix l’année suivante, in-8°., 
qu’une troisième édition du Théâtre d’Agricul¬ 
ture a paru douze ans après celle in-folio qu’il 
cite. Il n’en a point paru en 16x2, et celle de 
1611 seroit au moins la cinquième édition. L’au¬ 
teur a supprimé ces détails dans la seconde édi¬ 
tion de son ouvrage , imprimé à Montpellier, 
en 1784. 

6 °. — A Paris, m. jdc. xv. Chés 

Abr. Savgrain .. * 

In~ 4 °., de i 3 feuillets non chiffrés pour tous 
les préliminaires ; 907 pages de texte ; 1 3 feuil¬ 
lets non chiffrés pour la table des matières , im¬ 
primée en caractères italiques ; au verso du der¬ 
nier feuillet on lit en caractères plus petits que 
dans l’édition de i 6 o 3 , dans un cartouche 
carré : La première Impression de ce Liure a 
esté acheuee d’imprimer, le dernier iour du 
mois de Iuillet, 1600. 

Le frontispice est le même que dans les pré¬ 
cédentes éditions de Saugrain , mais il est plus 
usé par le tirage ; l’épitre dédicatoire et les pri¬ 
vilèges n’occupent chacun que deux pages , au 
lieu de trois qu’ils occupent dans les éditions 
dont je viens de parler ; on trouve ensuite douze 
pièces de vers seulement, au lieu de quatorze 
qui sont dans les éditions de Jean et de Ma¬ 
thieu Berjon ; elles sont placées différemment : 
celle de Chalendar, et l’ode de Josué Rossel 
ne s’y trouvent point ; la dernière, de Desonan, 
n’est pas signée, La préface a 10 pages au lieu 
^de 8 , et le titre du premier Lieu , qui forme le 
premier feuillet du texte , est chiffré. Il n’y a 
point de vignettes relatives à l’agriculture en 
tête des titres des Lieux. 

Cette édition est faite , page pour page , sur 
celle de i6o3, il y a seulement une légère dif¬ 


férence à la page 3 , et on a ajouté, à la fin, les 
augmentations qui se trouvent à celle de 1608 ; 
elle porte , comme la précédente et comme 
toutes les suivantes, dans le titre, Demiere 
Edition. 

7°* — A Paris, m. ne. xni. 

Chés Abr. Savgrain .* 

Cette prétendue édition de 1617 est la même 
que la précédente ; on s’est borné seulement à 
regraver la date du titre. 

L’exemplaire que j’ai de cette date , sans être 
grand papier, est plus grand de marge qu’aucun 
des in-quarto , et est sans doute à sa première 
reliure. Il y a , au commencement et à la fin , 
des notes manuscrites, qui contiennent quel¬ 
ques procédés de culture des arbres , et l’indica¬ 
tion de plusieurs remèdes ; ces notes sont de 
l’écriture du temps. 

Ici finissent les éditions de Paris ; le privi¬ 
lège étoit pour dix ans , à dater de 1600 , et il 
ne paroît point qu’il ait été renouvelé , puisque 
toutes celles dont il me reste à parler portent 
le même, ou n’en portent point. 

8°. —. . . . . Pour Pierre et laques 
Chouët. m. ne xix. * 

In- 4 °., sans nom de lieu d’impression; mais 
on sait, et on verra plus loin , que les Chouët 
faisoient la librairie à Geneve ; 16 feuillets non 
chiffrés pour tout ce qui précède le texte, et y 
compris le titre et le sommaire du premier 
Lieu ; 878 pages de texte, un feuillet blanc, et 
8 feuillets non chiffrés pour la table des ma¬ 
tières , imprimée en petit romain romain. 

Cet exemplaire vient de la bibliothèque de 
mon savant ami et collègue M. Giobert, mem¬ 
bre de l’Académie des Sciences de Turin , 
secrétaire de la Société d’Agriculture de la 
même ville, etc, ; il me l’a envoyé, ne l’ayant 
pas vu indiqué dans la notice que j’ai publiée 
en l’an VIII. 

Le titre est le même que celui de l’édition 
de 1611 ; la vignette est encadrée dans un car¬ 
touche qui a de chaque côté une colonne autour 
de laquelle serpente un cep de vigne; le fond est 
un jardin à compartimens ; les quatorze pièces 

3 





*8 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


de poésies se trouvent ici, et il n’y a point de 
vignettes en tête des titres de chaque Lieu. 

On retrouve à cette édition ce que nous avons 
déjà observé à celle in-octavo de 1611, des 
exemplaires sans nom de lieu d’impression , 
comme le mien ; d’autres où A Geneve est 
poussé seulement, et en petits caractères ; d’au¬ 
tres enfin où A Geneve est imprimé , et tous, 
sont également les mêmes. Un exemplaire de 
la même date : A Geneve, par Mattiiiev 
Berjon , qui est dans la bibliothèque de l’École 
de Médecine de Paris, et qui vient de la bi¬ 
bliothèque de l’Académie de Chirurgie, est éga¬ 
lement de la même édition. 

Cette édition , la dernière faite du vivant 
d ' Olivier de Serres , et qui a paru l’année même 
de sa mort, ne prévient ni par l’exécution ty¬ 
pographique , ni par la beauté du papier ; il y 
a, comme dans toutes les éditions suivantes, 
beaucoup de fautes d’impression; les planches 
en bois du sixième Lieu sont regravées sur le 
plan de celles de l’édition in-octavo de 1611 , 
mais plus mal encore ; la dernière est supprimée, 
quoique sa description y soit restée (page 53ç). 

Malgré la mort d 'Olivier de Serres, toutes 
les éditions postérieures , celle de 1675 ex¬ 
ceptée , portent : Reueuë et Augmentée par 
l’Autheur. Cette espèce de charlatanerie typo¬ 
graphique a induit quelques écrivains en erreur; 
ils ont indiqué celles de ces éditions qu’ils ci- 
toient comme effectivement revues par l’auteur. 

9°* — A Roven, chez Lovys jdf 
Mesnil, petite ruë Sainct lean, à 
l& Croix d’Or. m . jdc. xxiii . 

In-4 •, de 8 feuillets non chiffrés pour tout 
ce qui précède le texte ; 907 pages de texte, et 
ï 3 feuillets non chiffrés pour la table, impri¬ 
mée en caractères italiques. L’épitre dédica- 
toire n’est pas datée, il n’y a point de privi¬ 
lèges , point de vignettes relatives aux travaux 
de chacun des Lieux , et il n’y a qu’une seule 
pièce de poésie non signée après l’épitre au roi 5 
cette pièce est celle de Desonan, déjà sans si¬ 
gnature dans l’édition de i 6 i 5 ou 1617, sur 
laquelle celle-ci a été faite ; elle est assez bien 
imprimée. 


Un exemplaire : A Roven, chez Lacées 
Hozzant, Imprimeur, ruë de la Pie,près des 
Iacobins , de la même date, et qui est dans la 
bibliothèque de mon collègue M. Silvestre est 
de la même édition. 

Celui que j’ai cité est dans la bibliothèque 
du Muséum d’Histoire naturelle, à Paris. La 
seizième figure du sixième Lieu (page 554 ), 
manque à tous les deux, comme dans l’édition 
précédente , et les lignes du titre sont alterna¬ 
tivement noires et rouges. 

io°. — A Roven, chez Robert 
Valentin , dans la Cour du Valais . 
M. dc. xxiii. * 

In- 4 °. , de 7 feuillets non chiffrés pour le 
titre, l’épitre dédicatoire et la préface ; 908 
pages de texte, y compris le titre et le sommaire 
du premier Lieu non chiffrés ; un feuillet hlanc., 
et i 3 feuillets non chiffrés pour la table, im¬ 
primée en mêmes caractères que le texte. 

On voit déjà que cette édition , quoique de la 
même ville et de la même date que la précé¬ 
dente , en diffère cependant par le nombre des 
pages et par la table ; mai's elle présente des dif¬ 
férences bien plus sensibles encore, et qui ne 
peuvent laisser de doute que ce ne soient deux 
éditions absolument distinctes. i°. Ni le car¬ 
touche du titre, ni aucune vignette ne se ressem¬ 
blent. 2°. Il n’y a point de poésies dans cette 
dernière , et la première signature a est bien 
complette, y compris le premier feuillet du texte 
qui n’est point chiffré ici, et qui l’est dans la 
précédente ; par conséquent il n’y manque point 
de feuillets , comme on pourroit le croire, n’é¬ 
tant pas chiffrée. 3 °. Les vignettes en tête des 
Lieux , qui représentent les travaux de l’Agri¬ 
culture , et qui ne sont pas dans l’édition de 
du Mesnil, se retrouvent dans l’édition de 
Valentin ; mais elles diffèrent de celles des édi¬ 
tions où on les a déjà remarquées ; elles ont été 
regravées, et ne le sont pas , à beaucoup près, 
aussi bien que les. premières: il n’y en a point 
au second Lieu. 4®. Les titres courans du haut 
des pages portent, dans l’édition précédente : 
Du Théâtre d.’Agriculture , Lieu premier > 


DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


l 9 


second, etc., comme dans les éditions de 1600, 

1 6 o 3 , 1 6 o 5 et 161 5 }et dans celle-ci, ils portent 
au contraire : Lieu premier, second, etc., du 
Théâtre d* Agriculture , comme dans les édi¬ 
tions de 1608, 1611 , et 1619. J’observerai, eu 
égard à ces titres des pages, que l’on trouve 
quelquefois, dans plusieurs éditions, et notam¬ 
ment dans celle-ci, leur indication fautive , un 
titre de Lieu se trouvant substitué à un autre. 

Comme dans l’édition de du Mesnil, les 
lignes du titre sont alternativement noires et 
rouges , l’épitre dédicatoire est sans date, et 
il n’est question d’aucun privilège. Celle de 
Valentin a été faite sur celle de 1608. La sei¬ 
zième planche du sixième Lieu s’y trouve tirée 
à part, et de plus grand format. 

Un exemplaire : A Roven, chez Man assez 
de R RE AV LE, devant le portail des Libraires , 
de la même date , absolument semblable au 
mien , de chez Robert Valentin , est dans la 
bibliothèque de M. Fera de Rouville , corres¬ 
pondant de la Société d’Agriculture du dépar¬ 
tement de la Seine , et propriétaire-cultivateur I 
près de Malesherbes ; il a en.) la complaisance 
de m’en envoyer une notice très-détaillée , et 
l’on y trouve plusieurs preuves qui m’étoient 
échappées, à ajouter à ce que j’ai déjà dit de la 
différence d’avec les exemplaires de chez du 
Mesnil et Hollant : les signatures k , o, q , 
sont irrégulièrement numérotées de lettres cou¬ 
rantes ou de chiffres arabes, et dans la première 
édition de 1623, toutes les signatures sont nu¬ 
mérotées en chiffres arabes : la page 119 est 
chiffrée io 3 ; celle i 56 , i 65 j celle iS'j , } 

celle 192, 162 ; celle 193,1 o 3 ; celle 289, 286 j 
la pagination de la page 25 1 est sans dessus des¬ 
sous, ; la signature V est mal imposée, 

de manière qu’en suivant l’ordre de la signature 
le texte est interverti, V i j formant les pages 
3 oi ,3 o 2, se trouve après Y, formant les pages 
289, 290, comme dans l’exemplaire de M. Fera 
de Rouville ; et en rétablissant la pagination , 
le texte se trouve rétabli, mais la signature est 
intervertie , comme dans le mien, le feuillet 
291,292, qui n’a point de signature , devant se 
trouver entre V et V iij, etc. Toutes ces irré¬ 
gularités ne se trouvent point dans l’édition de 
du Mesnil et Hollant. 


11°. — A Geneve , Pour Pierre et 
laques Chouët. m. dc. xxix. * 

Cette édition n’est qu’une réimpression litté¬ 
rale de celle de 1619, de chez les mêmes li¬ 
braires j elle a le même nombre de pages et 
presque par-tout les mêmes vignettes et culs- 
de-lampes. 

La figure de la page 53 1 manque, elle est rem¬ 
placée par celle de la page 532, qui se trouve 
etre double 5 la figure de la page 540 , tirée 
à part, s’y trouve ; cette page 540 est mal chif¬ 
frée 544. En général, cette édition est mieux 
imprimée que celle de 1619, le papier en est 
aussi plus beau. 

Je crois inutile de répéter qu’elle est de for¬ 
mat in-quarto , ainsi que toutes celles dont il 
me reste à parler. 

J’ajouterai aussi que j’ai toujours copié 
très-scrupuleusement les titres, non seulement 
comme un moyen sûr de bien faire reconnoître 
les éditions ; mais encore comme une preuve à 
ajouter à celles que j’ai déjà données de la va¬ 
riation de l’orthographe. 

12°. — A Roven 3 chez Iean de la 
Mare , au haut des degrez du Palais. 

M. DC. XXXV. 

Édition réimprimée textuellement sur celle de 
Robert Valentin, de 1623, dont elle ne diffère 
que par la correction d’une partie des fautes 
d’impression de la pagination. La vignette du 
titre et une partie des autres sont les mêmes} 
elle est moins bien imprimée. 

L’exemplaire que j’ai sous les yeux est dans la 
bibliothèque de l’Institut de France. 

Il y a dans celle de mon collègue M. Par¬ 
mentier, un exemplaire de cette même date : 
A Roven , Chez Robert Valentin , dans 
la Court du Palais, ce qui ne peut laisser de 
doute sur les rapports des deux éditions de 1628 
et de i 635 entr’elles , puisqu’elles sortent dé 
chez le même libraire. 

Cet exemplaire , de M. Parmentier, lui a 
été légué par son ami M. l’abbé Dicquemare , 
comme une double preuve de l’estime dont il 
étoit pénétré pour Olivier de Serres, et pour 



20 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


un homme qui a si bien marché sur ses traces 
dans la science de l’économie domestique. 

La seizième figure du sixième Lieu manque 
à ces deux exemplaires , soit par hasard , soit 
qu’elle n’ait pas été tiree à part. 

i3°.— Geneve .i636. 

Cette édition que je n’ai pas vue , et sur 
laquelle je n’ai reçu aucuns détails depuis l’im¬ 
pression de ma notice de l’an VIII, dans la¬ 
quelle je l’avois indiquée , se trouve annoncée 
n°. 424 d’un Catalogue de livres choisis, ven¬ 
dus en Février 1789 , par M. Royez, libraire à 
Paris ; peut-être cette date de i 636 n’est-elle 
qu’une erreur de catalogue, comme j’en ai déjà 
signalé pour des éditions précédentes, et peut- 
être est-ce la même que celle ci-dessus de i 635 ; 
ou que celle de 1646 , indiquée plus loin. 

i4°. — A Geneve, Pour Pierre et 
laques Chouët. m. ne. xxxix. * 
Édition réimprimée sur celle de 1629 , des 
mêmes libraires ; elle est moins bien soignée , 
le caractère en est plus usé ; la figure de la page 
53 1 y est rétablie ; le cartouche du titre a un 
autre entourage , ce ne sont plus les colonnes 
entourées de ceps de vigne. 

A Geneve, est poussé dans l’exemplaire que 
j’ai sous les yeux, et est assez malvenu, comme 
il arrive souvent dans ce cas ; des exemplaires 
de cette même date peuvent donc être aussi sans 
nom de lieu d’impression. 

i5°. — A Roven, Chez Iean Ber- 
thelin y dans la Court du Palais. 
m, ne. xxxxvi. * 

Réimpression pure et simple de l’édition de 
i 635 , a laquelle elle est bien conforme pour 
le nombre des pages , pour les vignettes , etc. 
La vignette du titre représente ici un forge¬ 
ron au travail dans son atelier , avec cette épi¬ 
graphe autour : Cvncta in tempore. La sei¬ 
zième planche et la vignette du titre du deuxième 
Lieu manquent également; la page 3 o 4 est chif¬ 
frée 296 5 toutes les signatures sont chiffrées 
après la lettre , en chiffres arabes , et dans l’é¬ 
dition de i 635 , elles le sont, à quelques er¬ 
reurs près , en lettres courantes. 


1 6° : — A Geneve , Imprimé p 0Ur 
Samuel Chouët. m. ne. zi. * 

Cette édition est réimprimée littéralement 
et page pour page , sur celle de 1639; mais il 
cartouche , ou l’entourage de la vignette du 
titre, est le même que dans les éditions anté¬ 
rieures des mêmes libraires. 

17 0 . — A Geneve y Imprimé pour 
André Chouët. m. ne. lxi. 

J’ai vu cette édition trop rapidement pour 
pouvoir prendre des notes, et je n’avois pas 
d’ailleurs alors sous la main des objets de com¬ 
paraison ; comme elle a le même nombre de 
pages que la précédente , il y a tout lieu de 
croire qu’elle a été faite sur celle-ci, si ce 
n’est pas la même, avec un simple changement 
de date. Je l’avois indiquée dans ma notice de 
l’an VIII, dans l’espérance que quelques per¬ 
sonnes la feroient mieux connoître, mais je n’ai 
reçu aucun renseignement. 

C’est la dernière édition , ou réimpression , 
que je connoisse 4sdu Théâtre d’Agriculture, à 
Geneve. 

18 0 . — A Roven, Chez David 
Berthelin y dans la Cour du Palais, 
n. MC. lxi 11. * 

Édition entièrement semblable à celle de 
J. Berthelin, de 1646 , sur laquelle elle a été 
réimprimée; elle contient plus de fautes encore, 
soit dans la pagination, soit dans le texte, ou 
dans les notes marginales. La vignette du titre 
renferme , dans un cartouche , le chiffre du li¬ 
braire , et tout le titre est imprimé en noir, au 
lieu d’être alternativement composé de lignes 
noires et rouges , comme dans les éditions précé¬ 
dentes de Rouen. La seizième figure du sixième 
Lieu s’y trouve. 

Deux exemplaires de même date , l’un : A 
Roven , chez Clement Malassis , au Parvis 
de Nostre-Dame, qui est dans la bibliothèque 
de mon collègue à l’Institut, M. Lacroix', 
l’autre : A Roven, chez Iean Machvel , rue 
S. Iean à Venseigne du Nom de Iesus, qui 
étoit dans la bibliothèque de l’Abbaye de Saint- 
Germain-des-Prés, et qui est actuellement dans 




DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


21 


celle de l’École de Médecine de Paris , sont de 
la même édition ; ils ne diffèrent du précédent, 
que par la vignette du titre, qui n’est pas la 
même, et par le nom du libraire. L’erreur de 
la date s’y retrouve; d. mc. lxiii , est bien 
évidemment i 663 . 

Le Catalogue des livres de Danty d’Isnard, 
indique, n°. 352 , un exemplaire de même date, 
à Rouen, chez Vaultier ; le Catalogue des 
livres de M de . Balliere, vendus à Rouen en 
l’an IX, indique aussi, n°. 023 , un exem¬ 
plaire de cette même date , à Rouen, chez 
Hérault. J’ignore si ces exemplaires sont de la 
même édition que ceux de Berthelin, Ma - 
çhuel et Malassis, ou si, comme en 1023 , il 
y a eu , cette même année, deux différentes 
éditions dans la même ville ; dans le premier 
cas, l’édition a dû être tirée à grand nombre , 
pour se trouver répartie entre tant de libraires. 

L’auteur de l’ouvrage intitulé : Préservatif 
contre Vagromanie , Paris , 1762 , in-12 , in¬ 
dique, dans son discours préliminaire (page 16), 
l’édition de Rouen de i 663 , comme la seconde 
du Théâtre d’Agriculture. 

Ici se terminent les éditions, que je connois 
de cet ouvrage , faites à Rouen. 

1 po. — Derniere Edition, Reueue, 
Corrigée de nouueau , et Augmentée 
de la Chasse au Loup , et de la Com¬ 
position et vsâge delalauge. A Ly on, 
chez Antoine Beavjollin , rue de 
laBelle-Cordiere. m. dc. lxxv. Avec 
.Vermission. * 

Cette édition a i 4 feuillets non chiffres pour 
les préliminaires ; 902 pages de texte ; 8 feuil¬ 
lets non chiffrés pour la table , imprimée en ca¬ 
ractères petit texte , et pour les permissions 
d’imprimer , datées de Lyon, du 23 Novembre 
1674; le titre est rouge et noir , et la vignette 
en. bois est une corbeille de fleurs. La reimpres¬ 
sion paroît avoir été faite textuellement sur les 
éditions des Chouët ; on en a supprimé les pri¬ 
vilèges, et voilà pourquoi il n’y a que 14 feuil¬ 
lets préliminaires, au lieu de 16 , comme dans 
les éditions de Geneve. 

Le texte à? Olivier de Serres a , comme dans 


ces éditions , 878 pages ; vient ensuite un faux 
titre non chiffré , pour La Chasse dv Lovp fort 
vtile et necessaire av Ménagé des Champs, 
Par Iean de Clarmongan , Seigneur de 
Saanè, premier Capitaine de la Marine du 
Ponant. En laquelle est contenue la nature des 
Loups, et la maniéré de les prendre, tant par 
Chiens , Filets, Piégés, que par autres ins- 
trumens (1) ; le texte de cette chasse occupe les 
pages 879 — 898 ; ensuite se trouve La com¬ 
position et Pvsage de la lavge , qui occupe les 
pages 899— 902. 

Les permissions d’imprimer , qui sont au bas 
de la dernière page de la table , sont au nom 
de Mathieu Libéral, et pour trois années; il 
pourroit donc y avoir des exemplaires de cette 
édition sous le nom de cet imprimeur. 

L’exemplaire, A Lyon, chez Iean Brvyset, 
rue Noire, qui étoit dans la bibliothèque de 
feu Dussieux ; et celui, aussi A Lyon, chez 
Iean Baptiste Deville, qui étoit dans la bi¬ 
bliothèque Me feu Lhéritier, tous deux de la 
même date , sont de la même édition que celui 
de chez Beaujollin. 

Haller, d’après Tre-w (2), etBoehmer, d’a¬ 
près Haller ( 3 ) , indiquent, et c’est sans doute 
par erreur , cette édition sous le format in-folio. 

L’auteur du Traité de V Olivier, que j’ai déjà 
cité, l’annonce dans la seconde édition de son 
ouvrage ( page 44 ) ? comme particulièrement 
dédiée au roi. 

20°. Théâtre d*Agriculture et 
Ménage des Champs, d’ Olivier 
de Serres. Oh Von voit avec clarté et 
précision Vart de bien employer et 


(1) Cette Chasse du Loup, du capitaine Clamorgan 
(et non Clarmongan ), avoit paru ayant la première 
édition du Théâtre d’Agriculture, et je la trouve déjà 
imprimée à la suite d’une édition de l’Agriculture et 
Maison rustique de Charles Estienne et Jean Liebaut, 
à Paris , chez Du-Puys, i5jo , in-4 0 . Elle l’a été a la 
suite de toutes les suivantes; je ne l’ai jamais vue im¬ 
primée séparément. 

(2) Bibliotheca botanica , etc. , tom. I, pag. 396. 

( 3 ) Bibliotheca scriptorum historiœ naturalis , etc., 
pars I, vol. II, pag. 6 o 3 . 


22 


NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 


cultiver la terre, en tout ce qui la 
concerne y suivant ses différentes qua¬ 
lités et climats divers, tant d'après la 
doctrine des Anciens , que par l'ex¬ 
périence . Remis en françois , Par 
A. M. Gisors. A Paris, Chez Mett¬ 
ront , libraire pour l'Agriculture , 
rue des Grands - Augustins , n\ 24. 
An XI. — 1802.* 

Quatre volumes in-octavo 5 le premier de 
xxvij pages pour les titres , l’avis de 1 éditeur 
et la préface de l’auteur , au verso de la der¬ 
nière page est un avis de librairie ; 632 pages 
pour le texte des trois premiers livres et pour 
la table du volume. Le second, de deux feuil¬ 
lets non chiffrés pour les titres , 627 pages pour 
le texte des quatre et cinquième livres et pour la 
table. Le troisième, de deux feuillets non chif¬ 
frés pour les titres, 6i4 pages pour le texte du 
sixième livre et pour la table. Enfin, le qua¬ 
trième , de deux feuillets non chiffrés pour les 
titres, iv pages pour l’avant-propos du septième 
livre, 639 pages pour le texte des sept et hui¬ 
tième livres et pour la table. 

En tête du premier volume il y a une planche 
qui représente les travaux de la moisson, et 
quelques autres occupations champêtres s on lit 
au bas ces quatre vers des Géorgiques de Vir¬ 
gile y de la traduction de M. Delille, Livre II. 

Le laboureur en paix coule des jours prospères ; 

Il cultive le champ que cultivoient ses peres : 

Ce champ nourrit l’État, ses enfans , ses troupeaux, 

Et ses boeufs compagnons de ses heureux travaux : 

Celle qui est en tête du second volume re¬ 
présente la vendange , et on lit également au bas 
ces quatre autres vers des mêmes : 

Ah ! loin de tous ces maux que le luxe fait naître , 

Heureux le laboureur , trop heureux s’il sait l’être ! 

La terre libérale et docile à ses soins, 

Contente à peu de frais ses rustiques besoins. 
L’éditeur pouvoit en choisir, à la même source, 
qui fussent plus analogues au sujet de l’estampe. 
Ces deux planches sont dessinées par Monsiau, 
et gravées par Aug. Delvaux. 

Celle qui est en tête du troisième volume 
représente un bosquet au milieu duquel est, 


sur un piédestal porté sur un socle, le buste 
d’ Olivier de Serres , dont on lit le nom 
face antérieure du piédestal , qui es t entduré 
d’instrumens d’agriculture ; on voit dans l e 
fond , un berger avec son troupeau, et une cam¬ 
pagne dans l’éloignement ; ce prétendu portrait 
d’ Olivier de Serres, qui a été fait d’imagination, 
et qui ne ressemble en rien au portrait origi. 
nal, est une véritable caricature, également des¬ 
sinée par Monsiau , et gravée par Devilliers ; 
il n’y a pointdefrontispiceau quatrième volume. 

L’éditeur a supprimé de son édition l’épitre 
dédicatoire d’ Olivier de Serres à Henri IV, les 
poésies , les titres et les sommaires des Lieux , 
les notes marginales , et la table générale des 
matières qu’il auroit fallu refaire. Il a aussi 
supprimé les figures du sixième Lieu et tout ce 
qui y est relatif, ainsi qu’un assez grand nombre 
de mots anciens qu’il auroit fallu traduire en 
françois , et que l’éditeur entendoit d’autant 
moins , qu’il n’est pas du métier 5 j’ai déjà fait 
connoître quelques bévues qu’il avoit commi¬ 
ses, en voulant en conserver plusieurs (1) : j’en 
citerai encore une. 

On lit dans Olivier de Serres , tome I, 
page 3 io, colonne II : beu qu’on aye le pommé 

et le poiré . est necessaire d’en desfoncer 

tout aussi tost les tonneaux (pour les conser¬ 
ver).Cela veut dire, en françois d’aujour¬ 

d’hui : aussitôt qu’on a vidé les tonneaux de 
cidre ou de poiré, il est bon, pour les conser¬ 
ver , de les défoncer.M. Gisors a lu dans 

l’édition in-folio (page 25o) vev qu’on aie le 
pommé et le poiré, etc. ; il ne s’est pas douté 
que le mot veu étoit là une faute d’impression, 
qu’il falloit beu, parfait du verbe boire; qu’un v 
avoit été substitué à un b, comme cela arrive 
souvent dans la prononciation des habitans du 
midi, et que cette faute étoit corrigée dans les 
éditions suivantes ; il en a trouvé une dans le 
mot aie dont il a fait aime, et il a dit (tome I, 
page 620): vu qu’on aime le pommé et le poire. • •• 
il est nécessaire d’en défoncer tout aussitôt les 
tonneaux ...., ce qui ne présente pas plus d e sens 
que la faute de la première édition. Au surplus, 


(1) Voyez tome I, page 585, colonne II, note (7) » 
page 63o , colonne I, note (116), etc. 





DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE. 


23 


c’est à ceux qui liront Olivier de Serres dans son 
original et qui le compareront avec la 
traduction de M. Gisors, à juger s’il a rempli le 
but qu’il se proposoit; cette traduction ne s’est 
pas etendue jusqu’aux noms anciens d’un assez 
grand nombre de plantes , qu’il a conservés, et 
qu’on n’entend plus aujourd’hui, si l’on n’en 
donne pas la synonymie. 

Cette édition est faite sur celle in-folio , de 
1600 5 il y manque donc , outre les retranche- 
mens de l’éditeur, toutes les additions qu’O//- 
vier de Serres a ajoutées à la seconde et aux 
suivantes, et dont j’ai indiqué les principales, 
ci-devant page xxxij, colonne première. Pa¬ 
vois fait faire le dépouillement de ces additions 
et l’indication des pages où elles manquent, 
dans l’édition de M. Gisors, je me proposois 
de les faire connoître ici, mais cela m’auroit 
mené fort loin assez inutilement. J’en trouve 
dix principales pour le premier volume, seize 
pour le second , non compris le chapitre XVI 
du cinquième Lieu que j’ai dit manquer entiè¬ 
rement; onze pour le troisième , dont quelques- 
unes contiennent des articles entiers ; et une 
douzaine pour le quatrième. 

Je termine en ajoutant, à tout ce qui précède, 
une observation que faisoient MM. les Rédac¬ 
teurs du Journal de Paris, en rendant compte 
du premier volume de notre édition ; c’est que 
celle de AJ. Gisors, sans notes, nous laisse bien 
loin de l*état actu^cie la science (r). 

I V. 

Il me reste à indiquer les éditions projetées 
du Théâtre d’Agriculture $ cette indication pa- 
roît d’autant plus utile , que ces éditions ayant 
été annoncées, et les prospectus de quelques- 
unes publiés, elle empêchera au moins les bi¬ 
bliographes de se livrer à de vaines recherches, 
pour en suivre et en trouver les traces. 

i°. On lit dans un avis qui est en tête du 
tome VII du Cours d’Agriculture, imprimé en 
1786 , ce qui suit : « Nous croyons devoir pré¬ 
venir MM. les souscripteurs du Cours complet 
d> Agriculture, que M. l’abbé Rozier donnera 


(1) Voyez N°. 309 , samedi 9 Thermidor an 12 
( 28 Juillet 1804 ). 


immédiatement après son Ouvrage, le Théâtre 
d’Agriculture, d’Olivier de Serres, en un ou 
deux volumes in-quarto , ornés de Planches. La 
plupart de ceux qui ont écrit après Olivier de 
Serres, en se contentant de puiser dans son 
Théâtre d*Agriculture ce qu’ils ont donné de 
meilleur, ont prouvé la bonne opinion qu’ils 
avoient de cet ouvrage, un des plus complets 
que nous eussions en ce genre , et depuis lequel 
il avoit été fait bien peu de découvertes vraiment 
intéressantes en économie rurale. M. l’abbé ito- 
zier, dont les travaux sont sans doute précieux, 
y a puisé lui-même ; il n’a pas manqué d’en faire 
l’éloge toutes les fois qu’il y a eu recours ; et si, 
après en avoir profité avec reconnoissance , il dé¬ 
sire en donner une nouvelle édition pour servir 
de suite à son ouvrage, c’est afin de rendre un 
hommage complet au père de l’Agriculture en 
France, et pour ne rien laisser à désirer aux 
Agriculteurs de ce qui leur est utile. Il y ajou¬ 
tera des notes, soit pour éclaircir quelques pas¬ 
sages, soit pour faire connoître les changemens, 
en bien ou en mal, qui ont eu lieu en Agricul¬ 
ture , depuis Olivier de Serres, soit enfin pour 
ne point laisser ignorer les connoissances que 
les modernes ont acquises dans cette science ». 

Dans la notice sur la vie et les écrits de 
Rozier, placée en tête du tome X, imprimé en 
1800 (an VIII) , on lit, page xv : «Uneperte 
non moins grande ( que celle de l’article vin ) , 
ce sont ses commentaires et ses notes, sur le 
Théâtre d’Agriculture d Olivier de Serres. Il y 
avoit travaillé pendant dix ans. En 1786 , il 
écrivoit à un de ses amis : Olivier de Serres est, 
dans son genre, aussi sublime que Bernard 
Palissy ; je P ai chanté toute ma vie, et je le 
chanterai jusqu’à ma mort. On n’a même pas 
trouvé dans sa bibliothèque d’exemplaire de cet 
ouvrage ». 

Il faut dire, pour l’explication de ce qui pré¬ 
cède , que Rozier fut tué dans son lit par uns 
bombe , pendant le siège de Lyon , la nuit du 
28 au 29 Septembre 1793 , et que son cabinet et 
sa maison, ayant resté ouverts et exposés au pil¬ 
lage pendant quinze jours, ses papiers et ses 
manuscrits furent en grande partie perdus. 

2°. On trouve dans les registres de la Société 
d’Agriculture de Paris, dont les travaux ont 



24 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 


cessé en 1793, plusieurs exemples que cette So¬ 
ciété s’occupoit de publier l’ouvrage d 'Olivier 
de Serres, avec des notes. La Société d’Agri¬ 
culture du département de la Seine n’a donc fait 
qu’acquitter la dette qu’elle avoit contractée 
sous un autre nom et dans un autre temps. 

3 °. M. Silvestre , alors correspondant de la 
Société , aujourd’hui son secrétaire , s’étoit 
chargé de rédiger des notes à ajouter à une nou¬ 
velle édition du Théâtre d’Agriculture, qu’il 
se proposoit de donner au public. 

4 °. « J’avois projeté , dit M. Lefebvre, 
membre de la Société, de donner, conjointe¬ 
ment avec MM. Broussonete t Dubois, une nou¬ 
velle édition d ’Olivier de Serres v. L’engagement 
pris par Rozier, dans son septième volume, de 
remplir cette tâche, avoit retardé l’exécution de 
ce projet. Mais l’empressement que le public té¬ 
moigne de nous voir faire cette entreprise , et le 
retard que Rozier a apporté à le satisfaire, nous 
y autorisent suffisamment, pour que nous nous 
livrions à ce travail aussitôt que les circons¬ 
tances le permettront 53. Cette édition n’a point 
été exécutée, et les circonstances ont dispersé 
les coopératéurs. 

5 °. Notre collègue M. Parmentier, un des 
plus ardens promoteurs de l’ouv^gg du Colu- 
melle françois , avoit aussi promis une édition 
du Théâtre d’Agriculture, avec des notes. Ses 
notes et celles de M. Silvestre ont enrichi notre 
édition. 

Ces trois, projets d’éditions se trouvent 
annoncés dans le Compte rendu à la Société 
d’Agriculture de Paris , par J. h. Lefebvre , 
son agent général, etc. Paris, an VII, in-8°. 
pages a 3 o , 5 9^ et , 9. 

6°. On a vu dans la lettre de M . Faujas , 
professeur au Muséum d’Histoire naturelle , 
insérée tome I, page lxxix, N®. VIII, qu’il 
avoit rassemblé toutes les éditions du Théâtre 
d’Agriculture, des notes sur la vie de l’auteur, 
plusieurs dessins du Pradel, etc. De pareils ma¬ 
tériaux etoient bien propres à orner une édition 
nouvelle d ’Olivier de Serres, et M. Faujas s’en 


occupoit ; l’éditeur des Œuvres de Bernard P a 
lissy avoit droit de compter sur les suffrages du 
public, et sans doute qu’il répondra quelque” 
jours aux amis d’ Olivier et de l’Agriculture 
7 °. J’ai dit qu’il y avoit eu deux prospectus 
de l’édition que nous donnons aujourd’hui (1). 
quoique le fond de ces prospectus soit le même ' 
le titre du premier, publié en l’an V et en 
l’an VI, diffère assez de celui de la Société 
d’Agriculture, pour faire croire qu’ils appar¬ 
tiennent à deux éditions parfaitement distinctes- 
en effet, la Société d’Agriculture n’existoit pas 
encore en l’an V, et on lit, en tête du premier, 
qui a été rédigé d’après le vœu de la lettre du 
Ministre Benezech, relatée ci-devant (page iij) : 
« Nouvelle édition publiée sous les auspices et 
par ordre du Gouvernement, avec des notes, 
parles CC. Cels , Dubois, Vilmorin, 
Parmentier, Huzard, Tessier} Gil¬ 
bert , et Rougi er-la-Bergerie , membres 
du Conseil d’Agriculture du Ministère de l’In¬ 
térieur} et par les CC. Daubenton, Thouin, 
Broussonet, l’Heritier, Chaptal, etc .». 
Tandis que dans le prospectus publié par la So¬ 
ciété, en l’anX, on lit: « Nouvelle édition..... 
publiée d’après un arrêté de la Société d’Agri¬ 
culture du département de la Seine, par. une 
Commission prise dans son sein, et composée 
des CC. Cels , Chaptal, François {de 
Neufchateau ), Grégoire , Huzard , 
LÀSTEYRIE , PaRMEnAS^^^SiLEESTRE, 
Tessier, Vilmorin, Y faut donc que 

les bibliographes qui trouveront ces deux pros¬ 
pectus sous leurs dates différentes, dans les 
ouvrages périodiques , où ils ont été insères, 
sachent que , si nous avons à regretter, sous 
un grand nombre de ra»pèrt%j que les noms de 
plusieurs Savans illustres qu^on trouve dans le 
premier prospectus ne s (^retrouvent plus dans e 
second , ces deux prospectus n’appartiennent 
néanmoins qu’à une seule pt même édition. 


(1)Tome! ,pagelxyiij ,colonne II, N °. Vj note W*